Professeur Pinard

Né en 1983, millésime plutôt médiocre reconnaissons-le, le jeune professeur pinard « fût » initié très tôt aux joies du jus de raisin fermenté. Une partie de sa famille ayant de fortes accointances avec la bourgogne septentrionale, il sifflait régulièrement les fins de verre de St-bris, de côtes d’Auxerre ou d’Irancy laissées par ses oncles et son père, maigre butin au passage, avec une efficacité telle que les contenants, rutilants comme au premier jour de leur vie, n’avaient plus besoin de passer par la case lavage…

Ne sachant pas encore parler, il différenciait à l’aide de beuh, meuh et gnagnagna les subtilités et les différences du pinot noir auxerrois avec son cousin ligérien sancerrois, proche voisin qu’il aimait visiter tout en crottant de délicats petits chavignols au fond de sa couche-culotte en feuille de vigne.

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Ses premières positions verticales l’emmenèrent avec ses frères, grâce à l’automobile de ses parents, en voyage en Alsace où la confrontation avec les mets locaux ne le laissa pas indifférent. Choucroute royale avec une queue de cochon trônant en son milieu, pas en tire-bouchon d’ailleurs, ce qui le choqua profondément ; civet de sanglier fumant dans son gros faitout en fonte que son père lui jalousait au point de lui voler quelques dodus bouts, toutes sortes de pain d’épices aux saveurs nouvelles et étranges, un peu rustique trouvait-il, etc, etc… Mais le traumatisme le plus grand, qui, l’habitude fait bien les choses, le marqua à vie, fut la découverte de ces cépages saugrenus développants des fragrances tellement exotiques dans cet endroit si traditionnel qu’est l’Alsace… Heureusement le pinot noir, compagnon fidèle et jovial, était là pour le rassurer et même, l’initier à ses nouveaux compagnons de route, le riesling en tête, avec qui depuis il entretient des rapports passionnés et charnels, même si son accent le déroute toujours un peu…

 

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Pinard, ô mon beau pinard…

Bien d’autres histoires depuis ce sont passées, des rencontres envoûtantes comme cette merveilleuse syrah sur ces côtes abruptes surplombant le Rhône, ce magnifique chenin descendant la Loire, perlant, moelleux, sec, un vrai caméléon ! cette Provence à la terre si rouge que même les rouges ne peuvent la colorer, la bourgogne des grands blancs, ris de veaux aux morilles et puligny, souvenir inoubliable… St émilion surgissant d’une brume matinale, perché en haut de cette petite colline… Les ploussards ou poulsards, le savagnin  et autres si beaux vins du Jura… Et bien d’autres moments gravés dans la vie de ce cher professeur…

D’autres sont évidemment à venir, certains sont en cours, tout ceci sera ou est en train d’être raconté ici même, un voyage gastronautique d’un pinardologue (personne diplômé de pinardologie, science qui consiste à soigner les maux par le vin) au milieu du XXIème siècle…

9 opinions sur “Professeur Pinard

  1. Bon je suis maintenant dans la patrie de Goethe et bien JP Chenet me semblait quelque chose de basique mais sur et bien non : un nez puissant et rien en bouche, rond comme l’était la terre avant Copernic. Professeur Pinard aurait certainement de nombreux commentaires à faire sur cette bouteille qui sentait bon la chaptalisation arrivant à point nommé….

    à bientôt Professeur Pinard, un éclairage sur les vins de la Rhein Gold, sur les Rieslings ?

    • Ah mais mon cher denis tu n’as pas besoin d’un professeur pinard pour savoir que JP Chêne(t) est en aucun cas du vin… à la rigueur une infusion de copeaux dans du vinaigre mais je ne m’en servirai même pas pour cuisiner…
      Pour les vins allemands je t’envoie un mail, prost!

  2. Salut Marius,

    Content de pouvoir lire tes notes, et de te rerencontrer à distance, â travers ces articles exaltants.

    À bientôt j’espère, je viens de me procurer deux beaux magnum de la Vougeraie, il serait dommage de ne pas en ouvrir un ensemble quand nous nous reverrons.

    Hugo

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