Amber heart

Non je ne vous parlerai pas de ce mannequin malgré ce magnifique jeu de mots, qui au passage n’est pas mal du tout – le mannequin – et doit avoir après ses séances d’U.V une peau aussi orange que le breuvage rustique dont je vais vous parler.
Non je n’en profiterai pas pour citer « Jean Profondeur » qui, après certains bons rôles, nous sert une soupe un peu chiante et légèrement trop maquillée, du genre pâte à mâcher « forêt de houx ».
Je ne baragouinerai pas enfin au sujet de « mademoiselle Heaven », son ex-femme, parce que j’avoue, sauf si un jour elle me dit boire du mouton cadet, l’apprécier…

Connaissez-vous le vin ambré ?

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Des reflets bruns et rouges, dedans la carafe bouge une étrange décoction…
Comme la mue d’une sorte de Squamata apode non-identifié, je trouvais un serpent de dépôt au fond de la bouteille… Plutôt du genre Python Molurus que Vipera aspis, on se serait cru au musée d’histoire naturelle où l’on peut voir toutes ces bestioles baignant dans du formol.

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Carafage obligatoire.
Au naseau, de fins botanistes y trouveraient de rares essences balsamiques, ancêtres de séquoias géants ayant côtoyés les gargantuesques sauropodes, des notes de fougères arborescentes et même quelques effluves animales d’espèces datant du cénozoïque comme de la fourrure de rhinocéros laineux et du musc de Megalocéros gigantus plus communément appelé « grand cerf des tourbières »…

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Me risquerai-je à parler comme un neuneulogue ?
Le bouquet est également fortement marqué par la pierre, le caillou voire le rocher de bord de mer… Le coquillage, l’huître… Mon nez perle.

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La robe, car il m’arrive de fourrer mon pif dans le verre avant d’observer la matière, est incroyable.
Orange fluo virant sur la barrière de corail, comme si le breuvage avait fait un régime à base de carotène avant l’été pour faire le malin sur les plages caucasiennes…
Oui, car entre parenthèse, il s’agit là d’un vin géorgien.
Mais, contrairement à cette apparence insolite et exubérante, nous sommes en présence d’un vin fin et subtil.
C’est un blanc qui joue les transformistes, qui se déguise en rouge, un blanc tannique.
Ayant macéré avec ses peaux des mois durant dans de grandes amphores enterrées, il a pris de la couleur, de la puissance et du goût.
Le cépage, comme ce vin, a un nom étrange, Rkatsiteli.

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Je l’ai dégusté une première fois il y a plus d’un an au restaurant Le Chateaubriand, où un certain Mr Puzelat, me semble-t-il, avait organisé l’événement… Un événement rare d’ailleurs puisque une dizaine de vignerons géorgiens étaient présents !
L’occasion d’exciter sa curiosité en dégustant tous ces vins si dépaysants élaborés avec des cépages dont la majorité de la population ignore les doux patronymes :
Saperavi, Kisi, Mtsvane, Rkatsiteli, etc.

IMG_0599Le « mtsvane » ci-contre, un cépage blanc notoire de Géorgie, avait produit en moi une sensation extrêmement agréable, un vin impressionnant à la robe ambrée et au nez « fossile », conquis que je fus…
A boire ces vins on se retrouve archéologue, on hume le passé, on retourne à la source, on subit en quelque sorte une psychanalyse ampélographique.

On les trouve à Paris à la Maison du Whisky, à Le Cave et sûrement dans d’autres endroits non connus de ma pomme.

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