Café du port

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Une Coreff capitaine ?

Brignogan-Plages, pays Pagan, brigue ce spot à potes où coule une bière qui rafraîchit ou réchauffe, en fonction des saisons, les longues soirées bretonnantes.
Fine mousse à moustache pour tremper ses lèvres dans l’écume, jour et nuit.
Rousse comme les cheveux de Colin, peigne-toi à la fourchette tandis que la marée pare la baie d’un costume liquide faisant guincher les bateaux.
Les pieds au sec, sur la terrasse, face à l’eau.
Un verre à la main, le bras en canne à pêche, histoire d’appâter le pote qui s’assiéra à tes côtés.
Poisson de boisson.

Une autre…

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Bulles terrées au fond du gosier, jamais en chien.
Passé la porte du saloon, Rivieras en guise de santiags, tu t’accoudes au bois.
Cadavre exquis en rang d’oignons, fournée générale.

Choisis ton thème…
Aboie tes paroles avec un gars à chapeau à l’heure de l’happy-hour ;
Joue au baby-shoot avec le capitaine qui tient la barre au bout du zinc ;
Gobe quelques huîtres des Abers, « Loure » breton bourdonnant dans tes oreilles si troubadours ou ménestrels se perdent dans un coin de la pièce ;
Perds aux échecs ou déchire le green du billard ;
Squatte les toilettes histoire de remplir à nouveau ta vessie soiffarde.

Marée basse, les mouches ont pied.

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Le village d’Astérix à l’échelle d’un bar : le café du port.
Petit poumon résistant pour se prendre des gros bols d’air.
Levée de coude prévue tous les quarts d’heure.

Glou glou glou, le verre est plein.

L’occasion de te poser une question existentielle : c’est quoi la vie ?
Peut-être lézarder au soleil en dissertant devant un cendrier un peu trop plein et des contenants toujours un peu trop vides…
T’imaginer ermite au bord d’un lac russe à bouffer des ombles farcis aux airelles.
Cuisiner un congre ?
Gravir des sommets espérant trouver quelqu’un qui aura une réponse à la hauteur de tes attentes.
Le patron, conteur averti, te révèlera si tu es sage une histoire à ce propos qui éclairera ta lanterne.

Une autre, couleur fauve, tranquille.

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Retour de pêche.

Prêchent aux comptoirs quelques figures du coin, notoires.
On dirait un équipage de pirates.
Chacun son poste.
Le corps sert à faire tourner le navire, à la cale la potion est gardée au frais.
Le capitaine sort de sa cabine vers dix-neuf heure, l’occasion d’inspecter les troupes.
Aucune mutinerie en vue.
De temps à autre, on accepte quelques naufragés de la route.
Se perdre ici, c’est risquer d’y rester à vie, cloué au comptoir à naviguer entre les piliers, bavards.
Buvard, tu absorbes tout ce qui est à ta portée.

Une petite dernière…

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Ressac : retour violent dans le bar après avoir mangé.

Repu de lieus, de bars ou de fruits marins, le corps est une plage qui attend la pleine mer.
L’écume ne tarde pas à annoncer l’arrivée des vagues en lames de fond qui, scélérates, feront vaciller ce qui te reste de sobriété.
Il fait nuit.
Les fenêtres des masures éclairées semblent des étoiles.
Le café, celle du berger.
D’aucuns, habitués, ont les poils qui poussent et leurs crocs se teintent de rouge.
Il arrive de croiser entre les ombres quelques visages familiers.
Loups-garous, bal des vampires, encore un fût de saigné.

Blurps… hic… Fait soif !

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Coup de tocsin, fin de service.

Ne reste plus qu’à trouver l’after pour se ternir encore plus gris.
Les coins à boucaniers ne manquent pas, toujours une barque pour accoster et torpiller quelques canons.
Puis, quand la vue baisse et que le corps tangue, retour au port.
Terre en vue !
Alors, pour finir, vaque entre les algues, erre dans le « Castel Régis » et finis assis sur un rocher de granit à engloutir une Coreff marine.

La dernière, juré…

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Qu’est-ce que l’exotisme ?
Peut-être un endroit non loin de chez toi, où tu as l’impression d’être le premier à fouler la mer. Un endroit où le temps se suspend, où tu te prêtes à songer devant ce paysage qui n’a rien à envier aux coins que l’on nous vente en vitrine…
Un coin à boire, bourré comme un coin.

Le café du port, asile pour initiés.

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