Campagne, mouettes et chardons

IMG_1622
Brève de campagne.

Trouvant porte close chez mon débiteur de crus, je zone près de l’arsenal.
La grande rade du coin artificielle est mouillée.
Comment faire, à cheval sur un tonneau vide, pour braver les vagues et les larmes ?
J’imagine je-ne-sais-quelle Barbera ruisselante, épanouie…
Cap au sud.
La pointe de la Hougue vaut bien le détour, mais, assoiffé, le trip devient triste.
D’huîtres en palourdes, tandis que le sable travestit mes espadrilles en château, je pense à distiller quelques étrilles.
Bof…
Le crabe, véritable artichaut de la mer, laisse l’assiette pleine de carcasses.

artichaut crabe ok
Fourrière alimentaire.

Garant divers mollusques dans mon auge, je m’attable.
Laiteux, les coquillages moussent.
Ma bouche peine à mâcher ces émulsions marines.
Je ne me sens plus veau.
Élevé par l’amer, le vin me manque.
Même imitant l’amerrissage d’un hydravion sur la langue, mes lèvres restent closes.
Alors…
Je passe au bouillon, je poche dans le cidre.
De la crème en guise d’amidon et du persils dans les marines.
Les bivalves deviennent sapides.
Je laisse infuser.

IMG_1501
Traînant les pattes au Cul de loup, je m’aventure de devanture en devanture.
La verdura, entrepôt qui enfante du vert.
Tel un fou à lier, je me précipite risquant de me bouffer la porte vitrée.
Elle est là, sur un rayon ensoleillé, celle qui va étancher ma soif.
Je la serre dans un carton.

Retour devant ma maritime casse, béa.
Après l’avoir emmaillotée dans du papier-linge mouillé pour un court séjour sur la banquise, ma bouteille grelotte.
Vase de décompression.
Bientôt, elle ne perle plus.
Alors, dans mon verre, je la chambre au milieu des chardons normands.

IMG_1484

Laisser un commentaire