Cheutrons sauvage

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« Pour tout bagage, on a sa gueule » disait ce bon vieux Léo.
Eh bien, à présent, dans mes bagages, j’aurais aussi ces gueules.

Pour ceux qui ne sont pas encore au courant de ce qu’est tronches de pif, voici quelques explications :
Tout d’abord, c’est un guide ou plutôt un sherpa qui prendra soin de porter vos lourdes connaissances neuneulogiques pour ensuite vous faire escalader des montagnes de pinards sauvages en pleine nature.
C’est des chiffres, parce que ça fait toujours bien (surtout si on veut devenir chroniqueur sur BFM-TV), six tronches de raisin passionnées qui vont vous faire voyager à travers les coups de cœur de leurs gosiers de fins limiers.
C’est cent-vingt et non sans vin, ou centvin, ahaha, comme je suis amusant disait Bobby Lapointe, vignerons représentés ici et représentant maintes parties de notre cher globe un peu patraque ces temps-ci.
Ce « sherpapier » est aussi l’occasion pour nous, terribles néophytes mais insatiables curieux, de découvrir des histoires ou anecdotes croustillantes et vinardiques sur des domaines que même que euh… et bah, personne ne se doutait de l’existence !
Je ne peux vous les révéler, connaissant quelques-uns des zôteurs, je pourrais me retrouver dans une situation délicate.
Faces de jaja est également un papyrus à renifler à chaque page pour voir si quelques fragrances de cépages n’y auraient pas été déposées.
C’est également un bouquin défenseur du bon goût, du bon vin et contre toutes formes de standardisations qui mettent à mal notre bonne vieille gastronomie mondiale.
On peut le lire au plumard, au volant et même dans le train grâce à son format compact, ce qui est, reconnaissons-le, d’une capitale importance.

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Caboches de nectar référence tous les cavistes du monde entier où vous pourrez trouver ces délicates ambroisies. Vous saurez donc où vous retrouvez entre amis quand l’envie de disserter sur l’amour et autres sujets fondamentaux vous titilleront la glotte.
Par exemple, vous ne passerez plus devant le Ballon Rouge de Cherbourg par hasard en pensant que c’est une boucherie.

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Pour finir, gueules de moût se trouve à peu près chez tous les bons libraires ou débit de dictons, vous n’avez donc aucune excuse si votre bibliothèque est orpheline de ce pavé au bouquet fumant.
Ah oui, le professeur pinard a même essayé de le manger, il est comestible. Pour les beaux jours n’hésitez plus et ramenez-le aux barbecues de vos copines.
Bonne lecture.

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Avis à la population

mamarius
Professeur pinard candidat:

J’appelle les noirs, les rouges, les rosés, les jaunes, les blancs, les doux, les secs, les pétillants, les liquoreux, les ronds, les ciselés, les naturels, les minéraux, les floraux, les fruités, ceux qui sentent le poney, les volatils, les fidèles, les étrangers, les bio-dynamiques, les raisonnables, les « un peu court mais sympa », les féminins, les masculins, les … deux, les rustiques, les modernes, les verts, les mûrs, les complexes, les ouillés et les non-ouillées, les bizarres, les grands crus, les petits crus, les crus, les raffinés, les clairets, les troubles, les perlants, les vieux, les « vous allez voir c’est amusant », les louches, les grossiers, les gouleyants, les « à boire à deux en amoureux », les pommadés, les mielleux, les imbuvables, les consensuels, les évolués, ceux qui sentent l’humus et les champignons, ceux qui se boivent d’un trait, ceux que j’ai oublié, tous ceux qui ne veulent plus être bus par des cons à voter pour moi, à résister et à colporter la nouvelle.

TOUS ENSEMBLE POUR LEUR FOUTRE AU CRU ET AILLEURS.

Pardon Charles

Extrait:

Du vin et du Haschich
 ( les paradis artificiels )

baud1« Un homme très célèbre, qui était en même temps un grand sot, choses qui vont très bien ensemble, à ce qu’il paraît, ainsi que j’aurai plus d’une fois sans doute le douloureux plaisir de le démontrer, a osé, dans un livre sur la Table, composé au double point de vue de l’hygiène et du plaisir, écrire ce qui suit à l’article VIN : «Le patriarche Noé passe pour être l’inventeur du vin ; c’est une liqueur qui se fait avec le fruit de la vigne.» Et après ? Après, rien : c’est tout. Vous aurez beau feuilleter le volume, le retourner dans tous les sens, le lire à rebours, à l’envers, de droite à gauche et de gauche à droite, vous ne trouverez pas autre chose sur le vin dans la Physiologie du goût du très illustre et très respecté Brillat-Savarin : «Le patriarche Noé…» et «C‘est une liqueur…». »

Je m’excuse donc, cher Charles, de citer ce vieux Brillat-Savarin un peu plus bas, non loin d’un de vos merveilleux hommages bachiques.
Pourtant j’apprécie lire la physiologie du goût, j’y trouve des passages amusants comme dans les privations par exemple.
Mais il est vrai que je me pose cette question : comment un mec qui se réclamait être un marquis de la saucisse, un prince de la choucroute, un empereur de la poularde truffée, comment ce mec là pouvait faire l’impasse sur le vin ? en France qui plus est ?
Et moi, innocent, comment ai-je pu être berné de la sorte…
Je me rappelle avoir cherché dans ce livre quelques avis pinardesques de jeannot et être à chaque fois revenu bredouille, il est des moments où, aveuglé par quelques artifices, pirouettes verbales et autres, on se laisse prendre délicatement par les écrits amusants de ce goulu glouton.
Un vieux pote m’avait fait cadeau de cet ouvrage incomplet, et je suis sûr qu’après avoir été mis au courant de l’infamie, il sera de l’avis de Charles, et donc du mien. (car je prends pour chose sacrée chaque écrit du poète)
Nous irons alors corriger ensemble le fantôme de ce monsieur insolent à grands coups de canons.
J’aime le vin.
Baudhaschich-1844

Encore quelques délicats mots dédicacés du dandy à l’encontre du dodu:

« Ah ! chers amis, ne lisez pas Brillat-Savarin. Dieu préserve ceux qu’il chérit des lectures inutiles »
« espèce de brioche insipide dont le moindre défaut est de servir de prétexte à une dégoisade de maximes niaisement pédantesques tirées du fameux chef-d’oeuvre. »

Je rajouterai, comme une cerise sur le Savarin, sorte de baba au rhum, selon son célèbre dicton  » seul l’homme d’esprit sait manger  » et bien, l’homme d’esprit sait-il boire ?

Reflexion matinale…

Dimanche matin, 7h et 49min, je n’arrive plus à dormir et une envie de liquide glacé avec des bulles… sans alcool je précise, ne me quitte plus.
Je vais aller au supermarché, il n’y a malheureusement que ça d’ouvert aujourd’hui dans mon quartier et je trouve que c’est plutôt moche.
Aucun pic par rapport au travail dominical, je n’ai pas d’avis là dessus…
Soudain renaît une réflexion extrêmement sensée que mon cousin et moi avons partagée hier lors d’une dégustation pinardière.
Les supermarchés, la grande distribution ne devraient vendre que du P.Q !
C’est une bonne idée, non?
Au lieu d’essayer de nous faire acheter tout une gamme de produits sans goût à bas prix, ils devraient s’occuper de ce qu’ils connaissent le mieux et nous vendre du papier hygiénique haut de gamme pour que l’on pense à eux lors de nos passages réguliers dans nos lieux d’intimité…
Je vais donc braver les nano-particules qui se jetteront sur moi dès que j’aurai franchi le porche et je vais même me payer le luxe d’utiliser les transports en commun gratuits pour une station, je boucherai mon gros pif en courant dans les rayons blafards de cet affreux établissement, et je prendrai une bouteille en plastique de grande marque, fraiche, que je boirai honteusement en pensant que moi aussi, avec ce genre d’attitude, je contribue à faire tourner toute cette merde qui finira bien par nous flinguer…
Bon dimanche.

L’âme du vin

 

Un soir, l’âme du vin chantait dans les bouteilles :
 » Homme, vers toi je pousse, ô cher déshérité,
Sous ma prison de verre et mes cires vermeilles,
Un chant plein de lumière et de fraternité.

Je sais combien il faut, sur la colline en flamme,
De peine, de sueur et de soleil cuisant
Pour engendrer ma vie et pour me donner l’âme ;
Mais je ne serai point ingrat ni malfaisant,

Car j’éprouve une joie immense quand je tombe
Dans le gosier d’un homme usé par ses travaux,
Et sa chaude poitrine est une douce tombe
Où je me plais bien mieux que dans mes froids caveaux.

Entends-tu retentir les refrains des dimanches
Et l’espoir qui gazouille en mon sein palpitant ?
Les coudes sur la table et retroussant tes manches,
Tu me glorifieras et tu seras content ;

J’allumerai les yeux de ta femme ravie ;
A ton fils je rendrai sa force et ses couleurs
Et serai pour ce frêle athlète de la vie
L’huile qui raffermit les muscles des lutteurs.

En toi je tomberai, végétale ambroisie,
Grain précieux jeté par l’éternel Semeur,
Pour que de notre amour naisse la poésie
Qui jaillira vers Dieu comme une rare fleur.

Charles B.

!

Je me demande comment une boutique arborant fièrement ce mot délicat en guise de marque arrive à prospérer en plein saint germain des prés… Un collant « gerbe » s’il vous plait…

La dame avait l’air très gentille soit dit en passant, elle m’a même fait un signe de la main quand je l’ai photographié…

Une gerbe de collant en guise de gerbe de fleur, hum… pour un mariage.

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Petit poème matinal

Je prends des morceaux de vils pains, rassis et gris dans le toasteur, j’attends qu’ils se mettent à rôtir pour les tremper du bout des doigts.

Quand ils s’imbibent du gras liquide, qu’ils enflent, gonflent et deviennent mous, que le jus monte jusqu’à la croûte, alors je les porte à ma bouche.

Donc les voilà pris! et dans un torrent de salive, ils s’enfoncent dans ma gorge, poussés par un flot crémeux et chaud.

On dirait qu’ils roulent, qu’ils se courent après dans mon oesophage, leur nouveau terrain de jeux qu’ils peinent à quitter.

Je reprends donc une lampée de cette bergamote laiteuse qui, telle une vague scélérate, aura raison de ces mies, les envoyant au niveau inférieur…

Plus de rire! plus de jeux! Broyés, bouillis, écrabouillés, ils ont l’air malin à présent!

Transformé par mon corps, machine superbement huilée, homogénéisés, compactés, frappés d’uniformisation, je les contemplerai plus tard, idiots,

dans leur trou…

Le mondial de l’agriculture

On en fait tout un foin dans les médias, alors pour goûter à cette ruralité parisienne, j’ai pris mes bottes et mon petit frère et nous sommes partis comme deux petits fous découvrir cet oasis de fraicheur et de tradition.

Le guichetier me fait payer moitié prix grâce à la carte d’étudiant de Junior, en bon Normand que je suis, c’est déjà un succès !

Malheureusement, la fin du rêve se trouve derrière la porte du premier pavillon.

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On se croirait dans une espèce de supermarché de la bouffe, des stands à perte de vue où des prix affichés comme des promotions vantent les mérites de la meilleure saucisse du salon.

Plus loin, quelques poulets dans des cages, surplombants des cages qui abritent des lapins roupillant, attirent notre attention, ça pue mais il a une tronche marrante !

Après ce galinasith tout droit sortit de star wars, notre espoir renaît, « allons voir les taureaux » me dit mon frère tout en conversant avec un coq géant.

Bon… c’est comme le salon de l’auto mais à la place des voitures, il y a des vaches !

Une profession insolite et pourtant indispensable se révèle à nous, le ramasseur de bouses… un seau, du courage et quelques cibles bien choisies et il en a pour la journée !

Pour finir, la découverte des produits du terroir ressemble à wall street, des vendeurs sûrements payés au rendement agitent en l’air des machines à carte pour essayer d’écouler les stocks de pinards amenés pour l’occasion…

Triste image, il ne manque plus que les troupeaux de politiques amassés devant les stands régionaux s’empiffrant de charcuteries et de boissons alcoolisées servies dans des verres en plastique qui finiront leur promenade à caresser des gens et à serrer la patte à des moutons…

Conclusion, les charolais m’ont encore une fois impressionné, sans commentaire.IMG_0693