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Et si c’était un vin…

Le gros gland du pays Nantais

Chose amusante et peut-être nécessaire pour commencer ce portrait, le cépage du gros gland est peu connu. La folle blanche voici son petit nom ! L’histoire raconte entre guillemet qu’il a longtemps été exporté en Europe du nord par les… Hollandais ! Marrant. Très acide, d’où le nom de folle, et pâle, pas besoin d’expliquer, il est évidemment très peu considéré.

Note de dégustation: « Pâle (donc) voire livide, la robe nous fait penser à de la flotte. Quelques reflets vert fluorescent certifient que ce breuvage doit être un peu trafiqué, le nez fortement marqué par le kérosène et le pneu confirme les craintes. Après quelques discussions téléphoniques avec le vigneron, nous apprenons que les ceps poussent sur la fameuse parcelle « Nostradamus Landus » qui, dit on dans les bars de Nantes, possède un sol pro-piste de décollage, bitumeux et airbussien ».

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En bouche c’est raide, ça pince les lèvres et c’est plein de turbulences.

L’accord évident pour ce vin de masse: une vieille mimolette.

 

Et si c’était un vin…

IMG_2402Flamme fatale

Chère M… ,

Pour vous, tout simplement, je vois un magnum de Fronton National, 100% négrette vinifiée en blanc (cépage autochtone frontonais).

Je cite le rapport de dégustation: Etrange robe jaune aux reflets bleu-marine, comme si quelques touches de curaçao s’étaient perdues dans les vagues blondes du breuvage. On y aperçoit également des petites flammes se dandinant dans le fond du verre.

Au nez, hum… ça sent les bottes en cuir ! Quelques notes d’avocat et un peu de pierrette à feu se développent à l’aération du breuvage. Le troisième nez est quand à lui fortement marqué par le charbon, la barre à mine et le maroilles.

En bouche, la première impression nous fait penser à un vin allemand. Ce n’est qu’après quelques oxygénations que le vin franchit la frontière, pour arborer un caractère lorrain puis fortement alsacien. À ce moment de la dégustation, servez une saucisse. Il passe la Marne, bifurque vers chablis ; tiens ça sent à présent la fameuse soupe de choux-chène. Mettez votre bonnet rouge pour continuer. Il s’arrête un instant à Vichy, la carotte domine. Enfin après un détour à Toulon, où il prend un sacré goût de flotte, le voilà enfin sur ces terres, pas de doute, c’est un fronton national.

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Un accord met-vin étonnant ? un couscous.

 

Et si c’était un vin…

IMG_2398François de Groland

Monsieur le président,

Je vous fais une lettre, que vous lirez peut-être, si vous avez le temps. Si vous étiez du pinard, une bonbonne, un nectar, je vous le dis d’un trait vous seriez un beaujolais. Mais pas les méconnus, qu’on appelle les crus, plutôt un vin primeur qui manquerait d’ardeur. C’est pas pour vous vexer, ma décision est prise, en bouteille ya d’la mise, ça rigole dans les chais.

Meme si au premier abord, ça ne manque pas d’couleur, avec des reflets roses, l’important c’est la dose. Au nez un peu d’banane, quelques fois de la fraise, mais pas de la Marat ni de la p’tite des bois. J’avoue c’est un peu bas, j’y sens d’la tagada, du saucisson pas frais et du bonbon anglais.

Le corps malheureusement ne tient aucunes promesses, en bouche tout s’affaisse, s’efface, devient du flan. A la fin de la bouteille, quelques relents d’guimauve remontent jusqu’au gosier et finissent dans une corbeille. Le lendemain matin, mon dieu ça laisse des traces, un mal de tête certain, qu’aucuns remèdes effacent.

Le conseil du sommelier,

Attendez-le cinq ans, autour d’une poubelle, en vous rinçant les dents, servez des choux de Bruxelles.