Causeries, Belle-Poule

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Monsieur Sébastien Gandubert,

J’ai souhaité, en mon âme et conscience, vous adresser cette lettre que vous lirez peut-être.

Sentir la chair de poule.

Comment vous remercier alors n’ayant à peine échangé trois mots que vous nous offrîtes cette rouge Belle-Poule.
Le bidon tourmenté du volatile, vous nous aviez prévenu, eut besoin d’un léger dégazage mais après…
Chaque gorgée nous emmenait faire un tour de barque sur les bonnes eaux du Layon.
Tels des ragondins, nos corps se frottaient à cette poule, mouillés par l’émotion.
Une pierre dans une mare toute coquette sous ses lentilles d’eau, voilà la sensation que put éprouver le citoyen que je suis ; et citer Gracq en ce pays qu’est le vôtre n’est pas anodin.

Le moût me monte encore au nez.

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Dans la Loire, un poulailler.

Alors, oui, je viendrai chez vous, vous qui m’invitâtes et nous trinquerons à ce Thouarcé gagnant.
On s’amusera de vins et nous naviguerons sur les eaux étroites.
On se délectera de vos blancs aux reflets dorés où le sucre, pourtant bien présent, n’est jamais un imposant et tempétueux convive.
On se posera cette chatouilleuse question, littéraires que nous sommes, Grange meurt-il à la fin ?
Et puis, on mangera de la poule au pot, en bouillon, farcie, faisane et même, car il faut bien s’hydrater, de la poule d’eau.
Peut-être nos poules seront présentes, amenant un peu de grain à la conversation ; car une basse-cour composée que de mâles peut facilement virer au combat de coq !
On essayera aussi de ne pas se faire contrôler par les poulets lorsque nous nous amuserons à faire des dérapages avec votre tracteur, le bleu se doit de rester dans le verre.
Pour finir, en forme de pied de nez et non de poule, nul besoin d’appellation contrôlée quand juste à coup de narines on devine l’origine du jus reniflé.

Loué soit le raisin.

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