Chou-crâne

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Un chou esthète, une bonne farce plein la tête.
Ses pensées tourbillonnent dans ce magma de chair à saucisse, d’échalotes, de mie de pain mouillée de lait, d’ail, de persil et même d’un petit oeuf déchu de sa coquille.
Né d’une famille de brassicacées qu’elle n’eût d’égard que le regard des pauvres.
Cette crucifère porte sa croix depuis longtemps.
Peut-être parce que le chou doit sa réputation aux vents qu’il provoque ?
Ou parce qu’il ne sent pas la rose ?
Est-ce pour cela que les garçons sentent plus mauvais que les filles ?
Pas sûr, j’en ai connues qui n’avaient rien à envier à la gent masculine…
Passons, je ne me battrai pas contre des moulins.

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Moitié légume, moitié bifteck… De cochon, donc.
Pour les beaux yeux d’un mari lourd, qui n’a plus que des chèques sans provision.
Un repas pour se RSA-ssasier en se faisant du bien vu le peu de fric à sortir de son froc pour farcir les grasses feuilles.
Contrairement à tous ces repas « défaite » où, la mine en berne, on se serait bien passé de choux à la crème. Le chou-farci, comme une pochette magique, fait toujours son petit effet. Vous vous en rappellerez tout au long de la journée et, si vous n’êtes pas chômeur, ferez rire à coup sûr vos collègues dans les « open-space » sous surveillance vidéo.
Chou frais, que je vous admire.

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Quel vin chambrer pour que ce chou déchaîne vos passions ?
À l’instar du nombre de strates de celui-ci, autant de pinards s’y accorderont.
Peut-être éviter les bulles, votre estomac pourrait vous en vouloir.
Quoique dans des contrées lointaines, d’aucuns accordent sans complexe « roteuse » et « péteuse ».
Personnellement, je déboucherais ce vin terrien.
Élevé sous voile, mais sans amalgame, au doux patronyme mythologique : Gaia.

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Peu de vignerons n’osent encore afficher sur leurs étiquettes : coteaux du Tricastin.
C’est pourtant un nom qui fleure bon la garrigue et le Comtat Venaissin où, de temps à autre, les plaines prennent des allures de western. Un endroit où l’on aime se réfugier dans de fraiches caves pour s’hydrater d’épais jus quand au zénith le soleil nous fait suer de tous nos pores.
Quand toutes ces grosses cigales qui fourmillent dans les arbres nous improvisent des haies d’honneur jusqu’aux caveaux.
Alors une petite fuite…
A-t’on jeté l’opprobre sur l’appellation Chinon malgré les hauts fourneaux qui la toisent ?
Je ne suis pas particulièrement enthousiaste quand le compteur Geiger s’excite mais je ne me priverais pas d’un bon cru.
Le revers de la bouteille en rassurera plus d’un.
Le nuage de Tchernobyl s’est bien arrêté à la frontière.
Chou-crâne.

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