Couleur café

Café sud, quand un patron jongle entre deux pianos…

Quelques livres trônent ça et la sur des étagères, la salle est pleine et au milieu, un piano. Un trio incroyable se met à nous jouer des standards de jazz, le batteur, un certain Victor Rebibo, doté d’une terrifiante technique prend les choses en main et nous dispense un spectacle brut et obsédant. Il est maintenant seul, percute tout ce qui passe à sa portée, passe de table en table, trinquant les verres, testant la solidité des murs, grattant les semelles des clients avec une virtuosité époustouflante, il finit par épouser le sol avec ses baguettes, court jusqu’à sa batterie, fait un petit signe au saxophone de Dobia Yombo et au piano de Michael Grossman et le concert reprend devant une salle béate…

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Voilà pour l’ambiance, à présent l’entrée que nous n’attendions plus, le resto était tellement bondé que je me permets de balancer ce petit pic, l’entrée donc, nous arrive en pleine poire, ciselée, délicate et terriblement appétissante qu’elle ne pourra converser avec notre belle tablée que quelques instants… pour ma part, un ballet de petits artichauts  gambadant dans la salade, lustrés, rondouillets et prêts à être exterminés sans broncher, un vrai petit plat kamikaze !

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Le patron s’installe devant le piano et fait le boeuf pendant qu’en cuisine on prépare le notre… Jean-Luc Younès, voilà comment se prénomme notre hôte, se met à nous jouer quelques mesures composées, des morceaux de Dave Brubeck qu’il taille sous ses doigts comme un chef, un entre plat en quelque sorte, on boit sa musique en se rinçant le gosier à coup de St Julien, le second de chez Gruaud Larose, un poil jeune à mon goût mais particulièrement en accord avec ce filet qui arrive maintenant devant moi, saignant, fumé au copeaux de bois aromatiques. Je revis des moments que j’aime, l’âtre d’une cheminée, la douceur d’une chair tendre, ce plat est un vrai voyage nostalgique, il se mange trop vite et c’est bien son problème !

 

Le dessert reste dans le ton, un duo de crèmes brulées, il ne manque vraiment qu’une seule chose à ce restaurant, c’est une cheminée !Attachment-1

Pour conclure, on nous sert un vieux margaux, château Lascombes 1981, le bouquet est légèrement fâné, en bouche des notes de safrans me titillent le palais… j’aime ce vieux bordeaux.

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Café sud, 12 rue de Castellane, 75008 Paris, à deux pas de la madeleine…

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