Discobole

came
Calme emblème français, vieille croûte fleurie à la patte molle, était-ce toi dans les mains du Discobole ? Tu sais, cet ancêtre du Gloupier qui se baladait à poil avec un gros claquos sous le bras.
Mettons ce mythe au logis, mieux dans le garde-manger, et parlons sérieusement.

Rendre hommage au Camembert, notoire fromage à l’âme en berne.

Il ne suffit pas d’avoir la forme pour avoir le goût. À présent obligé de partager ton nom avec ces ersatz plâtreux qui pullulent sur les rangs des grands magasins ; pâtes insipides roulées dans la farine.
Cette came m’enrhume.
Et puis, pasteurisés, thermisés ou bien allégés, voici toute une ribambelle de leurres proches du plastique que l’on nous sert avant le dessert en parlant terroir, avec du pain sans gluten.
D’aucuns osent même s’octroyer le titre de président…

Qui l’eût cru, le Camembert au lait cru est en voie de disparition.

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Mon cher Camembert, moulé à la louche, mâchouillé à la bouche, tu es le chewing-gum normand.
Quant tu gigotes dans ton petit écrin de bois, véritable berceau sur mesure (des forêts entières sont ravagées chaque année pour fabriquer cette gangue, mais passons), comment ne pas succomber à ton charme ?
De temps à autre, telle une Jeanne D’Arc fromagère, il arrive que ce bois devienne ton bûcher – sûrement une idée d’angliches – alors, les sans-goût te dévorent grasseusement… Leurs pattes pleines de la tienne.
Les délicats, qui considèrent ton cas, non comme un encas ou un casse-dalle, mais plutôt comme une dodue caresse t’accordent à la bulle, pour rythmer ce petit bidon qui te va si bien.

Champagne pour les plus snobs, cidre pour les chauvins…

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Mon cher Camembert, voici un billet bien décousu comme une chemise léguée de frères en frères, de pères en fils, au fil des ans. Un billot en bois de charme pour t’y poser dessus et te décapiter comme il se doit. Un billard pour te disséquer. Une bulle pour te faire parler. Une bise pour t’embrasser.

À table.

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