Et si c’était un vin…

Si Nabot-Léon était un vin ?

Un toqué pinot cul pour se karcheriser la bouche quand on a la dalle. Un peu bigardesque je l’avoue, mais bon, ce n’est pas moi qui suis allé fayoter au vatican. Deux crétins à baiser la main du Saint-Père, un spécialiste du 11 septembre et un spécialiste de la langue de bois ; oh, le beau tableau ! Pas sûr qu’Il Perugino ou Raphael, quatre consonnes et trois voyelles, ait accepté d’immortaliser tout ça.
Enfin, passons, je m’égare.
Parlons plutôt du vin, du jus. Quel serait sa robe, son goût, son style, hein ?
Tout d’abord, je dirais un liquoreux genre Bordeaux, un peu bâtard, mielleux à la Louis de Funès, pour plaire aux petites vieilles lors des goûters dans les boudoirs. Un vin à l’heure du thé, pour aller chercher son enveloppe. La souris est encore passée, tu m’étonnes qu’il y ait tant de sans-dent.
Un jus épais et sucré pour y tremper sans complexe, spéculos, morceaux de carrelages brunis et autres délicates pâtisseries.
Pour le bouquet, ça sent le buisson, l’école des fans mais aussi le guano.
Le guano (contraction d’un Henri Guaino et d’un Claude Guéant), est aussi le nom vernaculaire de la merde de mouettes et autres Larini.

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En bouche, le vin court, c’est certain ; il pédale, même.
Son maillot jaune en guise de robe, ses reflets « carotèniques », sa nervosité, ses petits tics, l’épaule tremblante et la moue triste de l’intérieur, font que son identité n’est pas très claire.
« Ne serait-il pas un peu drogué celui-là ? » s’exclame un dégustateur. Question aboutissant sur un non-lieu. « On aurait pas mis de la DHEA, là-dedans ? » s’interroge une vigneronne au fond de la salle. Deuxième non-lieu.
Suite de la dégustation.
Une légère macération dans des Copé de bois, le mauvais goût apparaît, on dirait du roche-mazout. Vous savez ces sensuelles soupes aromatisées aux meubles de chez Ikea que l’on trouve dans n’importe quel giga-marché.
Un vin de rayon pour meubler, à boire dans des verres à talonnettes donc. Livré dans des valises arrivant directement du producteur, les caves de Liliane à Neuilly, le liquide est paraît-il, plus facile à transporter de cette façon.

La finale est ni longue, ni courte, ni forte, ni faible, ni dure, ni molle, ni droite, ni gauche, ni, ni, ni, ni, ni….
Et puis, tout à coup, alors qu’on ne s’y attendait plus, ça revient, ça remonte. Il s’agrippe, on le croyait foutu, vinaigre et paf, il vous re-pète à la gueule. Le nez ne peut se débarrasser de ces effluves. Un détartrage n’y fait rien, les loukoums à la rose non plus, même l’affreux rouge qui tache se montre inefficace. Il paraît que seul le gros bleu marine, grâce à ses relents nauséabonds et ses fragrances de bottes de cuir, arrive à prendre le dessus… Ça fait flipper.

 

 

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