Et si c’était un vin…

François Bêêêroux

Un jurançon moelleux déclassé en guise de vin de messe.
Du gros et du petit mensonge, à part égale, vinifiés dans le même pot pour donner cette cuvée, les « baies rousses », vin de pays du Béarn, couleur baie d’argousier.
Le vin est bâtonné, pigé, élevé religieusement, les devoirs pour le lundi sont fait dès le vendredi soir et il met sa main devant la bouche quand il tousse, un modem du genre.
Nous voilà en présence d’une bouteille à bas prix, une bouteille  qui ne fait pas les poches.
Manque de « pau » disent certains, à boire dans un bol disent d’autres, il est vrai que ce liquide ayant macéré avec ses peaux biroute, euh, déroute.
Mais, et ne nous y trompons pas, sans acidité, son côté moelleux le rend mollasson, là-dessus tout le monde est d’accord.P1030512
On le retrouvait autrefois sur les tables des professeurs à la cantine le midi, il s’est fait doublé par d’autres depuis, en ce moment le vin de paillon est dans tous les brocs, moelleux aussi décidément, à croire que dans l’éducation on aime ce qui est mou…
Quelques légendes paysannes disent qu’Henri IV le buvait au petit déjeuner, rien n’a encore été prouvé, il s’agirait en tout cas plus d’un vin partisan que paysan.
Pour conclure avec ce breuvage, disons qu’il fait partie de notre PVF, paysage viticole français, mais que son goût madérisé, un peu d’une autre époque, le rend doucement sénile, il est dans son monde comme disent certains, à côté de la plaque comme disent d’autres.
L’accord parfait avec ce vin est une spécialité du Béarn au nom délicat et romantique, la coucougnette.

Laisser un commentaire