Et si c’était un vin…

Jean-François Copeaux

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Un bordeaux de la rive droite, du genre vin de « garage » comme on dit, qui laisse la langue pleine de bois. Trop présent, sans subtilité, le liquide passe forcement mal. Il faut dire que le vigneron a mis les bouchées doubles pour son poulain, micro-bullé, pressurisé, extrait à chaud, à froid, remué dans tous les sens, à la sortie du fût il paraît beau comme un camion ! Mais à l’instar de tous ces vins sur-boisés qui essaient de se frayer une place de choix parmi leurs acolytes à coup de grands renforts marketing, les amateurs savent bien que ce style de vin s’éteint avant de se patiner. Le fruit s’en va et laisse alors un goût amer. L’humus, les sous-bois et la truffe ne sont pas là, plutôt du champignon de Paris et des odeurs de métro de la ligne 14, arrêt cour st émilion. Il aurait peut-être pu devenir un vin de garde si l’ambition ne l’avait pas rongé dès son plus jeune âge. Privilégiant les accents syncopés d’une bossa-nova langoureuse jouée piano ou, un vin à partager entre amis. S’il était resté plus près de la rive ou ne s’était pas aventuré dans ces plaines très à droite où la vigne peine à pousser à cause de ce sol saturé en pesticides pour éloigner les insectes, les maladies et pour finalement faire de cet endroit une zone sans vie.

Servez avec un Brie de Meaux mais n’attendez pas de miracle, dans cette bouteille il ne reste que l’idée d’un vin.

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