Et si c’était un vin…

Lacryma Christine

Sur les pentes d’un Vésuve de pacotille, crachant des étincelles, bombardant de chétives braises, coulant du nez, comme atteint d’un vieux rhume, quelques laves tièdes et peu fertiles, voilà le terroir de ce vin de messe connu de tous, bu par aucuns.
De vieux ceps torturés jalonnent çà et là ce mont chauve. On dirait une procession de pénitents, errant sans but, cherchant dans la terre quelques réponses à des idées depuis longtemps obsolètes. Habillés par l’ombre, ils sont tristes et mornes, la pourriture grise enveloppe leurs raisins, un vieux cheval de trait ressemblant à une vache sacrée sert au labour, mais à quoi bon labourer une terre si fatiguée ?IMG_2456Pour le boire il faut se munir d’un mouchoir, non pas que l’émotion que provoque ce breuvage soit d’une intensité proustienne, mais plutôt que la tristesse qu’évoque chaque gorgée est telle qu’il faut d’ailleurs privilégier le tissu au papier. Nous avons là à faire à un vin missel mi-raisin. Il ne rend pas gai comme un italien quand il a de l’amour et du vin et d’ailleurs, l’accord avec un plat, disons même le mariage, est extrêmement strict, tremper une hostie dedans et rien d’autre.
En bouche, le breuvage, peut-être est-ce dû à la proximité du volcan, est tellement soufré, que des relents d’oeufs pourris nous donnent l’impression d’être en enfer, vade retro lacrymas.

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