Griffe

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Un jus au goût de peau, que l’on griffe, que l’on saigne
Le goulot est une artère coupée au scalpel
Hémorragie
La bouche essaye de cautériser la plaie

On s’abreuve, avide
De cet être, hémophile, qui ne cesse de fuir
L’hémoglobine aux commissures

Les dents se parent d’un voile de satin cramoisi
Sacre d’Automne, le rouge teinte même le dessous des ongles

L’œil aperçoit au fond, comme des ombres qui flottent
Quelques bouts de chairs
Quelques bris de verres

Et puis, des larmes de sang

On marche sur les cadavres
Les os craquent et se brisent, fragiles allumettes
Un champ de morts, le rideau tombe
Et nos gosiers, de sombres tombes
Gardent le souvenir de ce cœur sanglant
Des pulsations qui gonflaient ses artères
De ces griffes enfoncées dans la chair

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