Inspecteur colombard

Monsieur Truchon, amateur de verre et de vert, peut-être même de Dewaere, lance un appel au vin.
En tant que président des vendredis du vin, sorte de secte bachique et littéraire, il nous propose d’étancher notre encre à coup de vin de soif.
« Parlez-moi de jus qui désaltère. » qu’il dit, le mec…
« Le vin est avant tout une boisson. » qu’il dit, encore, le mec.
« J’adore le Tariquet ! » qu’il scande le mec, euh… Non, ce n’est pas vrai.
Donc voilà, à vue de tarin, l’avis éclairé et passionnant du professeur pinard :

« Le petit vin blanc qu’on boit sur les terrasses parisiennes, généralement, altère.
Après avoir bu le liquide, le diaphragme se contracte et de petits hips terreux se mettent à jaillir de votre cavité buccale. Il faudra attendre un beau couple d’heures à boire des verres d’eau à l’envers pour faire disparaître le mal.
Le hoquet tari, vous vous dites à juste titre, plus jamais ça.
Pourtant le colombard est un cépage qui vous sied à ravir, mais là n’est pas le propos.
Ces pauvres petits petons de vinification n’ont rien à voir avec ces maux.
Verse moi du Gers dans le verre, je trouve ça plaisant.
Vain vin qu’est le voisin, à préférer le rû j’ai toujours su.

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Mais vain de rû peut-être, pas de source en tout cas, car il désaltèrerait tous les champs de Florette et rendrait son sourire à Manon.
Un véritable petit vin blanc de nos gentils artisans qu’on boit saoul et honnête.
Pour les plus imperméables, au passage, il rafraîchit même les gosiers en goretex…
Alter-solution à l’altier blanc qui terrasse, en voilà un vin de soif !
Pour les géologues en mal d’expédition, il se peut qu’à l’ouverture un léger vent de basalte erre, vous n’aurez plus qu’à vous titiller sur la provenance du magma.
Pour les goinfres, gloutons, goulus, gourmands ou gourmets, le mode d’emploi est simple, attendre un jour où le tricot de peau (comme disait ma grand-mère) peut convenir à la température extérieure, s’assoir face au soleil, déboucher et avaler le liquide à même le goulot en faisant des bruits de contentement.
Une fois la bouteille terminée, ouvrez-en une autre. »

En guise d’épilogue, voici une question d’une auditrice Manchote mais fière leveuse de coude :
Quel met marie-t-on avec ce nectar acquêt fraîchement ?
Hors sujet madame…

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