L’Ostal gît

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Sur la table, l’Ostal gît…
Souvenir d’un soleil austral.
Gymnopédie intimiste, naturisme spartiate.
Alors que la terre sculptait des vagues en dévoilant ses strates – la robe d’une danseuse de Flamenco – des milliers d’insectes se frottaient les pattes en un concerto de claquettes sur le bois des amandiers.
Au loin, des arbres oranges allumaient sur un fond bleu turquoise les canons du fauvisme.
Méditer l’été, oraison païenne.

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Cas hors des chemins balisés, Cahors disert.
Vin fauve.
Quand la bouteille est une cage, il faut savoir libérer le jus pour qu’il s’épanouisse.
Mettre la bête en carafe.
Cœur de buffle, tomate sauvage, enclos potager.
Aux fruits sucrés je préfère les fleurs, les aromates.
Je ne peux me faire à l’idée de résumer l’aromatique à un vocabulaire pâtissier.
Le langage diabétique me lasse, ces pieds m’ulcèrent, amputons-le.
Il n’y a pas que des salades de fruits dans la vie.

Broche

Et si du tigre on admire la robe, l’âcre odeur d’un grand félin est un baume.
À frotter son nez dans une ménagerie, les images de l’enfance surgissent et vous mordent le cou avec sûrement plus de suavité que les bonbons mangés à la sortie de l’école.
Et du végétal, alors que la pluie disperse ses fragrances, la fougère ou le pin auront ma préférence aux notes de pêches blanches, d’abricots rôtis ou encore, de litchis au sirop.
Le printemps est un tremplin vers l’automne.
Il y a aussi des parfums que l’on oserait traduire en des mots pour ne pas choquer le public qui évoquent sans équivoque des plaisirs fugaces et délicieux.
Enfin, l’amer assèchement dont le coup de langue garde le souvenir est une saveur subtile qui n’a de place que parmi les initiés.
Album zutique.
L’Ostal doit s’apprécier par paires.

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