Et si c’était un vin…

IMG_2402Flamme fatale

Chère M… ,

Pour vous, tout simplement, je vois un magnum de Fronton National, 100% négrette vinifiée en blanc (cépage autochtone frontonais).

Je cite le rapport de dégustation: Etrange robe jaune aux reflets bleu-marine, comme si quelques touches de curaçao s’étaient perdues dans les vagues blondes du breuvage. On y aperçoit également des petites flammes se dandinant dans le fond du verre.

Au nez, hum… ça sent les bottes en cuir ! Quelques notes d’avocat et un peu de pierrette à feu se développent à l’aération du breuvage. Le troisième nez est quand à lui fortement marqué par le charbon, la barre à mine et le maroilles.

En bouche, la première impression nous fait penser à un vin allemand. Ce n’est qu’après quelques oxygénations que le vin franchit la frontière, pour arborer un caractère lorrain puis fortement alsacien. À ce moment de la dégustation, servez une saucisse. Il passe la Marne, bifurque vers chablis ; tiens ça sent à présent la fameuse soupe de choux-chène. Mettez votre bonnet rouge pour continuer. Il s’arrête un instant à Vichy, la carotte domine. Enfin après un détour à Toulon, où il prend un sacré goût de flotte, le voilà enfin sur ces terres, pas de doute, c’est un fronton national.

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Un accord met-vin étonnant ? un couscous.

 

Et si c’était un vin…

IMG_2398François de Groland

Monsieur le président,

Je vous fais une lettre, que vous lirez peut-être, si vous avez le temps. Si vous étiez du pinard, une bonbonne, un nectar, je vous le dis d’un trait vous seriez un beaujolais. Mais pas les méconnus, qu’on appelle les crus, plutôt un vin primeur qui manquerait d’ardeur. C’est pas pour vous vexer, ma décision est prise, en bouteille ya d’la mise, ça rigole dans les chais.

Meme si au premier abord, ça ne manque pas d’couleur, avec des reflets roses, l’important c’est la dose. Au nez un peu d’banane, quelques fois de la fraise, mais pas de la Marat ni de la p’tite des bois. J’avoue c’est un peu bas, j’y sens d’la tagada, du saucisson pas frais et du bonbon anglais.

Le corps malheureusement ne tient aucunes promesses, en bouche tout s’affaisse, s’efface, devient du flan. A la fin de la bouteille, quelques relents d’guimauve remontent jusqu’au gosier et finissent dans une corbeille. Le lendemain matin, mon dieu ça laisse des traces, un mal de tête certain, qu’aucuns remèdes effacent.

Le conseil du sommelier,

Attendez-le cinq ans, autour d’une poubelle, en vous rinçant les dents, servez des choux de Bruxelles.

Parusso à la pizzetta piu grande

IMG_1589Le patron de la Pizzetta Piu Grande, Willy Auger, nous avait concocté une dégustation de vin du domaine Armando Parusso en présence de son chef, Marc Parusso, vigneron passionné, sérieux et produisant des vins de grande qualité.

IMG_1412D’ailleurs, petite anecdote, ce vigneron, après la vendange, au lieu de démarrer tout de suite la vinification de ces vins, laisse les grappes entières dans des cagettes à l’intérieur d’une salle de stockage où la température est contrôlée pendant un certain temps, ce qui permet au raisin d’atteindre une maturité plus complète… Cela me fait penser: « Avec un pote dans les côtes du Rhône, on achetait des pêches et des nectarines qu’on laissait toute l’après-midi rôtir au soleil, on croquait dedans le soir, entre deux verres de pinards, elles étaient à point… »

Willy Auger et Marc Parusso en pleine méditation
Willy Auger et Marc Parusso en pleine méditation

Les vins présentés m’ont tous séduit, des entrées de gamme, un délicieux dolcetto d’alba évoquant l’amande douce, un barbera très soyeux aux accents de prune à l’eau de vie, en passant par un nebbiolo de cuir et de cassis pour finir sur de délicieux Barolos, puissants, épicés avec des accents de violettes, d’hydrocarbures, de petites baies et quelques petites notes giboyeuses, oui oui…

IMG_1413Le domaine cultive également un tout petit peu de sauvignon blanc qu’il décline en deux cuvées, une de soif très aromatique et assez étonnante, une autre élevée en fût que nous n’avons malheureusement pas dégustée…

Les vins du domaine ne sont pas facile à trouver en France, mon conseil est donc d’aller les déguster à la Pizzetta.

Je remercie tous les acteurs de cette très belle après-midi, particulièrement Willy Auger pour son accueil impeccable et  sa gentillesse et Marc Parusso pour nous avoir consacré un peu de son précieux temps de vigneron…

On a redéshabillé la marquise

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Une nouvelle fois, cette chère marquise… accompagnée de sa petite soeur délicatement vêtue de sopressa, saucisson vénitien aillé…

 

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La famille apprécie la jarretelle, nous aussi !

 

Et puis… une entrée, trittico di saor…

Filet de sole, langoustine et sardine « in saor » de vinaigre blanc, légumes et oignons marinés, quelques cédrats confis, délicieux…

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Et le vin dans tout ça, un blanc… eh bien non un rouge, vénitien lui aussi, enfin au nord de Trévise, pas loin…

Azienda agricola cecchetto gorgio, raboso piave, qui est aussi le nom du cépage du coin, 2006, une bonne nervosité, un bouquet nous rappelant le sud, la garrigue, quelques notes balsamiques, bref tout ce petit monde s’accordait à merveille.

 

Un plat, risotto castraure,

Risotto Vialone nano ( le seul riz possédant le label européen IGP, produit en Italie) « delle antiche riserie Abbadesse » à une cinquantaine de km à l’ouest de Venise…

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Accompagné des rares artichauts « castraure » et de homard… pour les gros mangeurs, je n’ai pas pu le finir !

 

 

 

 

 

Un dessert et un très bon petit liquoreux du même producteur que la bouteille précédente, un liquoreux rouge issu de raisins passerillés…

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Massimo Mori avec sa verve et son enthousiasme nous reçoit toujours aussi bien, on passe une soirée excellente en dégustant des produits exceptionnels, merci à lui et à toute son équipe!

Un chinon râblé

Aujourd’hui, enfin hier, il pleuvait un peu, la Loire se jetait dans la Seine et les vignerons avaient l’air un peu crevés… Pour eux, tu m’étonnes ça doit être infernal d’endurer des week-end entiers à servir et présenter leurs vins à des gens qui passent leur temps à dire des conneries en se prenant pour des connaisseurs…
Le vin, ça se boit !
Evidemment on peu parler un peu, dire que ça hume bon la myrtille, la menthe ou les cheveux de sa dernière conquête mais bon, on ne va pas non plus discourir pendant des heures sur une bouteille, si c’est bon, on s’en rend compte très vite !
Tout ceci pour en venir à cette photo…IMG_1354
Les roches, Jérome Lenoir, et des chinons de compétitions! non pas qu’ils soient culturistes, que de gros biceps les déguisent ou encore qu’ils plaisent à des adeptes de la chirurgie esthétique… non, ils sont tout simplement bons! Celui-ci est athlétique, élancé, taillé pour la garde mais se déguste déjà très facilement, c’est un plaisir pour les amateurs de cabernets francs, on a l’impression de se balader en forêt, on a l’impression de se balader au bord de la Loire… Tiens, citons Gracq: » Ce qui lui plaisait aussi dans ce pays, c’était la pierre, cette craie tuffeau blanche et poreuse, tantôt desséchée et craquante au soleil, tantôt attendrie, exfoliée, desquamante dans l’humidité des miroirs d’eau troués de roselières, marbrée de gris fumés très délicats, d’imprégnations grumeleuses de buvard, mordue dans ses anfractuosités de très fines moisissures indurées du roquefort. C’était comme un matériau féminin, pulpeux, au derme profond et sensible, tout duveté des subtiles impression de l’air. Quand il revenait de Chinon, s’attardant au long de la Vienne du côté bâti, mis en belle humeur par ses petits déjeuners capiteux de vin et de rillettes… »
En hommage à Gracq je boirais un jour ce rouge sur l’Evre.

Un nez de cheminée

L’Octomore.

Un whisky monstrueusement tourbé, un islay, dans la bouche un palais…

Produit par bruichladdich, une des neuf distilleries de l’île d’islay, l’octomore est un whisky tout simplement vieilli dans des fûts ayant élevé monsieur Yquem, bref un produit de luxe. Il est « cask strengh » c’est à dire non dilué à la mise en bouteille, « force de fût » 61%, un bon estomac est indispensable, mais passé ce côté délicatement barbare c’est impressionnant et ça rend bavard…

Voilà sa tronche, si vous ne savez pas quoi faire de votre argent et que vous avez besoin d’un compagnon…IMG_0855

!

Je me demande comment une boutique arborant fièrement ce mot délicat en guise de marque arrive à prospérer en plein saint germain des prés… Un collant « gerbe » s’il vous plait…

La dame avait l’air très gentille soit dit en passant, elle m’a même fait un signe de la main quand je l’ai photographié…

Une gerbe de collant en guise de gerbe de fleur, hum… pour un mariage.

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Une cheville de fer, un moral d’acier…

Un vrai vin de soif, on aurait envie de le boire d’un trait…

La cheville de fer comme son nom l’indique contient du fer… mais c’est pas tout, mais c’est pas tout !
C’est une cheville de fer à se repasser pour se tapisser la bouche, entre amis, ou une cheville de fer en solitaire pour rêvasser, pour bien dormir au fond de sa couche…
Une cheville d’enfer pour draguer une poule, une cheville à vous faire tourner la boule, une cheville pour mamie fière ou jeune femme en guêpière…
Un tri-côt dans l’pot, sang pour sang côt, pour les frères de la côte.

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De gros raviolis l’accompagnaient en chantant, un trait d’huile jaunissant le côté brun des cèpes.

Le créateur de cet élixir se nomme Olivier Lemasson, tout est bon chez lui, il n’y a rien à jeter comme dirait l’autre…

22, route de Seur ,
41120 Chitenay,
02 54 44 13 88 

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Tout va très bien, madame la Marquise

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La marquise Pallavicina, encore de cochon vêtue, mais nous parlerons d’elle un peu plus tard…

Un verre…

Une robe étincellante, un rouge profond, des reflets rubis invitent l’appendice nasal à se pencher de plus près pour en examiner les fragrances…

Hum, un nez sur la pâtisserie du genre « tarte à la fraise », des notes torréfiées, un peu café mais sans excès, puis des parfums rappelant le cassis apparaissent, sûrement la forte proportion de Cabernet Sauvignon ( à peu près deux tiers)

IMG_0711D’autres de cerises, de prunes soutenus par quelques notes fraiches de violettes, le Sangiovese se fait une place ( l’autre tiers)

Le quatrième tiers ( merci César ) est parait-il une toute petite proportion de merlot mais le domaine ne le mentionne pas…

En bouche on retrouve tout ce petit monde accompagné d’une matière soyeuse et délicate, c’est bon, c’est à boire, c’est le Difese millésime 2009, la « défense » en italien, peut être un hommage au foot, va savoir.

Pour le situer, c’est le 3ème petit frère de Sassicaia, un nom mythique.

Elaboré par le domaine du marquis Incisa Della Rocheta, Tenuta san guido, eh oui!IMG_0718

Une écurie à super Toscans, évidemment ça ne plaira pas à tout le monde…

Un reproche? Le barolo suivant lui a mis une raclée…IMG_0717

 

Voulez-vous danser Marquise, voulez-vous danser le menuet…

Un lieu…

Le Mori Venice Bar, place de la Bourse où la vie s’arrête un instant, nous laissant rêveur dans une atmosphère feutrée, déshabillant une marquise qui contrairement à une certaine « star » n’expose pas sa robe dans un musée mais dans nos palais…

Faite de fines tranches de jambon cru de petits cochons noirs importé directement, comme la majorité des produits ici, par Monsieur Massimo Mori, on se régale à picorer et à savourer l’onctuosité de cette charcuterie traditionnelle chic.IMG_0724

Au départ nous étions là pour boire un verre…

Et puis, finalement, quelques pâtes sont venues jusqu’à nous.

Tajarin, c’est leur nom, comme des tagliatelles raffinées et fondantes, originaire des Langhe.

Agrémentées de calamaretti ( petits calamars qui, un jour domineront le monde ) et d’une sorte d’endive douce et amère dont j’ai malheureusement oublié le nom…

Délicieux moment…

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Encore plus délicieux d’ailleurs quand le brunate 2008, de chez Batasiolo, jeune Barolo fringuant, au nez de zan et de belles notes végétales un peu mentholées nous fût présenté par monsieur Mori, dispensant pour l’occasion un cours magistral sur le piémont et ses vins…
A la votre!