Parusso à la pizzetta piu grande

IMG_1589Le patron de la Pizzetta Piu Grande, Willy Auger, nous avait concocté une dégustation de vin du domaine Armando Parusso en présence de son chef, Marc Parusso, vigneron passionné, sérieux et produisant des vins de grande qualité.

IMG_1412D’ailleurs, petite anecdote, ce vigneron, après la vendange, au lieu de démarrer tout de suite la vinification de ces vins, laisse les grappes entières dans des cagettes à l’intérieur d’une salle de stockage où la température est contrôlée pendant un certain temps, ce qui permet au raisin d’atteindre une maturité plus complète… Cela me fait penser: « Avec un pote dans les côtes du Rhône, on achetait des pêches et des nectarines qu’on laissait toute l’après-midi rôtir au soleil, on croquait dedans le soir, entre deux verres de pinards, elles étaient à point… »

Willy Auger et Marc Parusso en pleine méditation
Willy Auger et Marc Parusso en pleine méditation

Les vins présentés m’ont tous séduit, des entrées de gamme, un délicieux dolcetto d’alba évoquant l’amande douce, un barbera très soyeux aux accents de prune à l’eau de vie, en passant par un nebbiolo de cuir et de cassis pour finir sur de délicieux Barolos, puissants, épicés avec des accents de violettes, d’hydrocarbures, de petites baies et quelques petites notes giboyeuses, oui oui…

IMG_1413Le domaine cultive également un tout petit peu de sauvignon blanc qu’il décline en deux cuvées, une de soif très aromatique et assez étonnante, une autre élevée en fût que nous n’avons malheureusement pas dégustée…

Les vins du domaine ne sont pas facile à trouver en France, mon conseil est donc d’aller les déguster à la Pizzetta.

Je remercie tous les acteurs de cette très belle après-midi, particulièrement Willy Auger pour son accueil impeccable et  sa gentillesse et Marc Parusso pour nous avoir consacré un peu de son précieux temps de vigneron…

On a redéshabillé la marquise

IMG_1382

Une nouvelle fois, cette chère marquise… accompagnée de sa petite soeur délicatement vêtue de sopressa, saucisson vénitien aillé…

 

IMG_1384

 

 

 

 

 

La famille apprécie la jarretelle, nous aussi !

 

Et puis… une entrée, trittico di saor…

Filet de sole, langoustine et sardine « in saor » de vinaigre blanc, légumes et oignons marinés, quelques cédrats confis, délicieux…

IMG_1394

 

 

 

 

 

 

IMG_1388

Et le vin dans tout ça, un blanc… eh bien non un rouge, vénitien lui aussi, enfin au nord de Trévise, pas loin…

Azienda agricola cecchetto gorgio, raboso piave, qui est aussi le nom du cépage du coin, 2006, une bonne nervosité, un bouquet nous rappelant le sud, la garrigue, quelques notes balsamiques, bref tout ce petit monde s’accordait à merveille.

 

Un plat, risotto castraure,

Risotto Vialone nano ( le seul riz possédant le label européen IGP, produit en Italie) « delle antiche riserie Abbadesse » à une cinquantaine de km à l’ouest de Venise…

IMG_1400

Accompagné des rares artichauts « castraure » et de homard… pour les gros mangeurs, je n’ai pas pu le finir !

 

 

 

 

 

Un dessert et un très bon petit liquoreux du même producteur que la bouteille précédente, un liquoreux rouge issu de raisins passerillés…

IMG_1402IMG_1403

 

 

 

 

 

 

 

 

Massimo Mori avec sa verve et son enthousiasme nous reçoit toujours aussi bien, on passe une soirée excellente en dégustant des produits exceptionnels, merci à lui et à toute son équipe!

Un chinon râblé

Aujourd’hui, enfin hier, il pleuvait un peu, la Loire se jetait dans la Seine et les vignerons avaient l’air un peu crevés… Pour eux, tu m’étonnes ça doit être infernal d’endurer des week-end entiers à servir et présenter leurs vins à des gens qui passent leur temps à dire des conneries en se prenant pour des connaisseurs…
Le vin, ça se boit !
Evidemment on peu parler un peu, dire que ça hume bon la myrtille, la menthe ou les cheveux de sa dernière conquête mais bon, on ne va pas non plus discourir pendant des heures sur une bouteille, si c’est bon, on s’en rend compte très vite !
Tout ceci pour en venir à cette photo…IMG_1354
Les roches, Jérome Lenoir, et des chinons de compétitions! non pas qu’ils soient culturistes, que de gros biceps les déguisent ou encore qu’ils plaisent à des adeptes de la chirurgie esthétique… non, ils sont tout simplement bons! Celui-ci est athlétique, élancé, taillé pour la garde mais se déguste déjà très facilement, c’est un plaisir pour les amateurs de cabernets francs, on a l’impression de se balader en forêt, on a l’impression de se balader au bord de la Loire… Tiens, citons Gracq: » Ce qui lui plaisait aussi dans ce pays, c’était la pierre, cette craie tuffeau blanche et poreuse, tantôt desséchée et craquante au soleil, tantôt attendrie, exfoliée, desquamante dans l’humidité des miroirs d’eau troués de roselières, marbrée de gris fumés très délicats, d’imprégnations grumeleuses de buvard, mordue dans ses anfractuosités de très fines moisissures indurées du roquefort. C’était comme un matériau féminin, pulpeux, au derme profond et sensible, tout duveté des subtiles impression de l’air. Quand il revenait de Chinon, s’attardant au long de la Vienne du côté bâti, mis en belle humeur par ses petits déjeuners capiteux de vin et de rillettes… »
En hommage à Gracq je boirais un jour ce rouge sur l’Evre.

Un nez de cheminée

L’Octomore.

Un whisky monstrueusement tourbé, un islay, dans la bouche un palais…

Produit par bruichladdich, une des neuf distilleries de l’île d’islay, l’octomore est un whisky tout simplement vieilli dans des fûts ayant élevé monsieur Yquem, bref un produit de luxe. Il est « cask strengh » c’est à dire non dilué à la mise en bouteille, « force de fût » 61%, un bon estomac est indispensable, mais passé ce côté délicatement barbare c’est impressionnant et ça rend bavard…

Voilà sa tronche, si vous ne savez pas quoi faire de votre argent et que vous avez besoin d’un compagnon…IMG_0855

!

Je me demande comment une boutique arborant fièrement ce mot délicat en guise de marque arrive à prospérer en plein saint germain des prés… Un collant « gerbe » s’il vous plait…

La dame avait l’air très gentille soit dit en passant, elle m’a même fait un signe de la main quand je l’ai photographié…

Une gerbe de collant en guise de gerbe de fleur, hum… pour un mariage.

IMG_1347

 

 

Une cheville de fer, un moral d’acier…

Un vrai vin de soif, on aurait envie de le boire d’un trait…

La cheville de fer comme son nom l’indique contient du fer… mais c’est pas tout, mais c’est pas tout !
C’est une cheville de fer à se repasser pour se tapisser la bouche, entre amis, ou une cheville de fer en solitaire pour rêvasser, pour bien dormir au fond de sa couche…
Une cheville d’enfer pour draguer une poule, une cheville à vous faire tourner la boule, une cheville pour mamie fière ou jeune femme en guêpière…
Un tri-côt dans l’pot, sang pour sang côt, pour les frères de la côte.

IMG_1052

 
De gros raviolis l’accompagnaient en chantant, un trait d’huile jaunissant le côté brun des cèpes.

Le créateur de cet élixir se nomme Olivier Lemasson, tout est bon chez lui, il n’y a rien à jeter comme dirait l’autre…

22, route de Seur ,
41120 Chitenay,
02 54 44 13 88 

P1030868

Tout va très bien, madame la Marquise

IMG_0714

La marquise Pallavicina, encore de cochon vêtue, mais nous parlerons d’elle un peu plus tard…

Un verre…

Une robe étincellante, un rouge profond, des reflets rubis invitent l’appendice nasal à se pencher de plus près pour en examiner les fragrances…

Hum, un nez sur la pâtisserie du genre « tarte à la fraise », des notes torréfiées, un peu café mais sans excès, puis des parfums rappelant le cassis apparaissent, sûrement la forte proportion de Cabernet Sauvignon ( à peu près deux tiers)

IMG_0711D’autres de cerises, de prunes soutenus par quelques notes fraiches de violettes, le Sangiovese se fait une place ( l’autre tiers)

Le quatrième tiers ( merci César ) est parait-il une toute petite proportion de merlot mais le domaine ne le mentionne pas…

En bouche on retrouve tout ce petit monde accompagné d’une matière soyeuse et délicate, c’est bon, c’est à boire, c’est le Difese millésime 2009, la « défense » en italien, peut être un hommage au foot, va savoir.

Pour le situer, c’est le 3ème petit frère de Sassicaia, un nom mythique.

Elaboré par le domaine du marquis Incisa Della Rocheta, Tenuta san guido, eh oui!IMG_0718

Une écurie à super Toscans, évidemment ça ne plaira pas à tout le monde…

Un reproche? Le barolo suivant lui a mis une raclée…IMG_0717

 

Voulez-vous danser Marquise, voulez-vous danser le menuet…

Un lieu…

Le Mori Venice Bar, place de la Bourse où la vie s’arrête un instant, nous laissant rêveur dans une atmosphère feutrée, déshabillant une marquise qui contrairement à une certaine « star » n’expose pas sa robe dans un musée mais dans nos palais…

Faite de fines tranches de jambon cru de petits cochons noirs importé directement, comme la majorité des produits ici, par Monsieur Massimo Mori, on se régale à picorer et à savourer l’onctuosité de cette charcuterie traditionnelle chic.IMG_0724

Au départ nous étions là pour boire un verre…

Et puis, finalement, quelques pâtes sont venues jusqu’à nous.

Tajarin, c’est leur nom, comme des tagliatelles raffinées et fondantes, originaire des Langhe.

Agrémentées de calamaretti ( petits calamars qui, un jour domineront le monde ) et d’une sorte d’endive douce et amère dont j’ai malheureusement oublié le nom…

Délicieux moment…

IMG_0725

Encore plus délicieux d’ailleurs quand le brunate 2008, de chez Batasiolo, jeune Barolo fringuant, au nez de zan et de belles notes végétales un peu mentholées nous fût présenté par monsieur Mori, dispensant pour l’occasion un cours magistral sur le piémont et ses vins…
A la votre!

Petit poème matinal

Je prends des morceaux de vils pains, rassis et gris dans le toasteur, j’attends qu’ils se mettent à rôtir pour les tremper du bout des doigts.

Quand ils s’imbibent du gras liquide, qu’ils enflent, gonflent et deviennent mous, que le jus monte jusqu’à la croûte, alors je les porte à ma bouche.

Donc les voilà pris! et dans un torrent de salive, ils s’enfoncent dans ma gorge, poussés par un flot crémeux et chaud.

On dirait qu’ils roulent, qu’ils se courent après dans mon oesophage, leur nouveau terrain de jeux qu’ils peinent à quitter.

Je reprends donc une lampée de cette bergamote laiteuse qui, telle une vague scélérate, aura raison de ces mies, les envoyant au niveau inférieur…

Plus de rire! plus de jeux! Broyés, bouillis, écrabouillés, ils ont l’air malin à présent!

Transformé par mon corps, machine superbement huilée, homogénéisés, compactés, frappés d’uniformisation, je les contemplerai plus tard, idiots,

dans leur trou…

Le mondial de l’agriculture

On en fait tout un foin dans les médias, alors pour goûter à cette ruralité parisienne, j’ai pris mes bottes et mon petit frère et nous sommes partis comme deux petits fous découvrir cet oasis de fraicheur et de tradition.

Le guichetier me fait payer moitié prix grâce à la carte d’étudiant de Junior, en bon Normand que je suis, c’est déjà un succès !

Malheureusement, la fin du rêve se trouve derrière la porte du premier pavillon.

IMG_0683

On se croirait dans une espèce de supermarché de la bouffe, des stands à perte de vue où des prix affichés comme des promotions vantent les mérites de la meilleure saucisse du salon.

Plus loin, quelques poulets dans des cages, surplombants des cages qui abritent des lapins roupillant, attirent notre attention, ça pue mais il a une tronche marrante !

Après ce galinasith tout droit sortit de star wars, notre espoir renaît, « allons voir les taureaux » me dit mon frère tout en conversant avec un coq géant.

Bon… c’est comme le salon de l’auto mais à la place des voitures, il y a des vaches !

Une profession insolite et pourtant indispensable se révèle à nous, le ramasseur de bouses… un seau, du courage et quelques cibles bien choisies et il en a pour la journée !

Pour finir, la découverte des produits du terroir ressemble à wall street, des vendeurs sûrements payés au rendement agitent en l’air des machines à carte pour essayer d’écouler les stocks de pinards amenés pour l’occasion…

Triste image, il ne manque plus que les troupeaux de politiques amassés devant les stands régionaux s’empiffrant de charcuteries et de boissons alcoolisées servies dans des verres en plastique qui finiront leur promenade à caresser des gens et à serrer la patte à des moutons…

Conclusion, les charolais m’ont encore une fois impressionné, sans commentaire.IMG_0693

Il faut bien un début…

IMG_0268Alors pourquoi cette photo ?

Et bien peut être parce que j’ai une attirance toute particulière pour les bouteilles poilues…

Ou alors pour la Bourgogne…

Ou les deux…

On était à Rully, chez Vincent Dureuil-Janthial, et je dois dire que rarement j’ai goûté des vins aussi bons…

La bouteille poilue est une PMG ( Pour Ma Gueule en language vigneron) de NSG ( Nuits Saint Georges) qu’il nous avait ramené pour finir tranquillement la dégustation, je reviendrai !