Et si c’était un vin…

Le gros gland du pays Nantais

Chose amusante et peut-être nécessaire pour commencer ce portrait, le cépage du gros gland est peu connu. La folle blanche voici son petit nom ! L’histoire raconte entre guillemet qu’il a longtemps été exporté en Europe du nord par les… Hollandais ! Marrant. Très acide, d’où le nom de folle, et pâle, pas besoin d’expliquer, il est évidemment très peu considéré.

Note de dégustation: « Pâle (donc) voire livide, la robe nous fait penser à de la flotte. Quelques reflets vert fluorescent certifient que ce breuvage doit être un peu trafiqué, le nez fortement marqué par le kérosène et le pneu confirme les craintes. Après quelques discussions téléphoniques avec le vigneron, nous apprenons que les ceps poussent sur la fameuse parcelle « Nostradamus Landus » qui, dit on dans les bars de Nantes, possède un sol pro-piste de décollage, bitumeux et airbussien ».

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En bouche c’est raide, ça pince les lèvres et c’est plein de turbulences.

L’accord évident pour ce vin de masse: une vieille mimolette.

 

Prenez donc de cet antidote

« l’antidote » de la Sainte-Baume, c’est pas un nom canon pour un vin ça ?
Pensons en pansant nos plaies, soignons nous au vin, voici un bon médicament  !

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Sainte-Baume au coeur, un antidote puissant dans le corps contre tous les maux, particulièrement ceux des soirs d’hiver trop long ou les jours d’été pluvieux, quand, manquant de moyens, on reste des semaines entières dans la capitale normande au lieu d’aller se griller le derrière au Bahamas ( c’est une remarque débile, je n’ai jamais souhaité aller là-bas, j’aime bien la pluie ) bref…
Comme écrit sur l’étiquette: « nous vous proposons cet antidote à vos poisons quotidiens » Il est sûr qu’il est plus sain que tous ces steaks de boeuf nourris aux antibiotiques ou ces salades arrosées de merdicides, ou encore toutes ces saloperies industrielles que l’on ingère à longueur de journées et qui vont finir dans le meilleur des cas à nous faire pousser un troisième bras.
Alors mes amis, buvons ce vin et méditons tranquillement, un jour, comme pour le fromage et tant d’autres choses, le vin sain sera en voie de disparition – si il ne l’est pas déjà – donc résistons, buvons et soyons optimiste.

Si vous souhaitez vous soigner correctement, sachez qu’on le trouve un peu partout dans Paris, dans toutes les pharmacies indépendantes de France et de Navarre ou sinon au domaine en Provence.
Pour ma part je l’ai volé chez la crémière, j’espère qu’elle ne m’en voudra pas trop…

L’âme du vin

 

Un soir, l’âme du vin chantait dans les bouteilles :
 » Homme, vers toi je pousse, ô cher déshérité,
Sous ma prison de verre et mes cires vermeilles,
Un chant plein de lumière et de fraternité.

Je sais combien il faut, sur la colline en flamme,
De peine, de sueur et de soleil cuisant
Pour engendrer ma vie et pour me donner l’âme ;
Mais je ne serai point ingrat ni malfaisant,

Car j’éprouve une joie immense quand je tombe
Dans le gosier d’un homme usé par ses travaux,
Et sa chaude poitrine est une douce tombe
Où je me plais bien mieux que dans mes froids caveaux.

Entends-tu retentir les refrains des dimanches
Et l’espoir qui gazouille en mon sein palpitant ?
Les coudes sur la table et retroussant tes manches,
Tu me glorifieras et tu seras content ;

J’allumerai les yeux de ta femme ravie ;
A ton fils je rendrai sa force et ses couleurs
Et serai pour ce frêle athlète de la vie
L’huile qui raffermit les muscles des lutteurs.

En toi je tomberai, végétale ambroisie,
Grain précieux jeté par l’éternel Semeur,
Pour que de notre amour naisse la poésie
Qui jaillira vers Dieu comme une rare fleur.

Charles B.

Et si c’était un vin…

IMG_2402Flamme fatale

Chère M… ,

Pour vous, tout simplement, je vois un magnum de Fronton National, 100% négrette vinifiée en blanc (cépage autochtone frontonais).

Je cite le rapport de dégustation: Etrange robe jaune aux reflets bleu-marine, comme si quelques touches de curaçao s’étaient perdues dans les vagues blondes du breuvage. On y aperçoit également des petites flammes se dandinant dans le fond du verre.

Au nez, hum… ça sent les bottes en cuir ! Quelques notes d’avocat et un peu de pierrette à feu se développent à l’aération du breuvage. Le troisième nez est quand à lui fortement marqué par le charbon, la barre à mine et le maroilles.

En bouche, la première impression nous fait penser à un vin allemand. Ce n’est qu’après quelques oxygénations que le vin franchit la frontière, pour arborer un caractère lorrain puis fortement alsacien. À ce moment de la dégustation, servez une saucisse. Il passe la Marne, bifurque vers chablis ; tiens ça sent à présent la fameuse soupe de choux-chène. Mettez votre bonnet rouge pour continuer. Il s’arrête un instant à Vichy, la carotte domine. Enfin après un détour à Toulon, où il prend un sacré goût de flotte, le voilà enfin sur ces terres, pas de doute, c’est un fronton national.

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Un accord met-vin étonnant ? un couscous.

 

Et si c’était un vin…

IMG_2398François de Groland

Monsieur le président,

Je vous fais une lettre, que vous lirez peut-être, si vous avez le temps. Si vous étiez du pinard, une bonbonne, un nectar, je vous le dis d’un trait vous seriez un beaujolais. Mais pas les méconnus, qu’on appelle les crus, plutôt un vin primeur qui manquerait d’ardeur. C’est pas pour vous vexer, ma décision est prise, en bouteille ya d’la mise, ça rigole dans les chais.

Meme si au premier abord, ça ne manque pas d’couleur, avec des reflets roses, l’important c’est la dose. Au nez un peu d’banane, quelques fois de la fraise, mais pas de la Marat ni de la p’tite des bois. J’avoue c’est un peu bas, j’y sens d’la tagada, du saucisson pas frais et du bonbon anglais.

Le corps malheureusement ne tient aucunes promesses, en bouche tout s’affaisse, s’efface, devient du flan. A la fin de la bouteille, quelques relents d’guimauve remontent jusqu’au gosier et finissent dans une corbeille. Le lendemain matin, mon dieu ça laisse des traces, un mal de tête certain, qu’aucuns remèdes effacent.

Le conseil du sommelier,

Attendez-le cinq ans, autour d’une poubelle, en vous rinçant les dents, servez des choux de Bruxelles.

Parusso à la pizzetta piu grande

IMG_1589Le patron de la Pizzetta Piu Grande, Willy Auger, nous avait concocté une dégustation de vin du domaine Armando Parusso en présence de son chef, Marc Parusso, vigneron passionné, sérieux et produisant des vins de grande qualité.

IMG_1412D’ailleurs, petite anecdote, ce vigneron, après la vendange, au lieu de démarrer tout de suite la vinification de ces vins, laisse les grappes entières dans des cagettes à l’intérieur d’une salle de stockage où la température est contrôlée pendant un certain temps, ce qui permet au raisin d’atteindre une maturité plus complète… Cela me fait penser: « Avec un pote dans les côtes du Rhône, on achetait des pêches et des nectarines qu’on laissait toute l’après-midi rôtir au soleil, on croquait dedans le soir, entre deux verres de pinards, elles étaient à point… »

Willy Auger et Marc Parusso en pleine méditation
Willy Auger et Marc Parusso en pleine méditation

Les vins présentés m’ont tous séduit, des entrées de gamme, un délicieux dolcetto d’alba évoquant l’amande douce, un barbera très soyeux aux accents de prune à l’eau de vie, en passant par un nebbiolo de cuir et de cassis pour finir sur de délicieux Barolos, puissants, épicés avec des accents de violettes, d’hydrocarbures, de petites baies et quelques petites notes giboyeuses, oui oui…

IMG_1413Le domaine cultive également un tout petit peu de sauvignon blanc qu’il décline en deux cuvées, une de soif très aromatique et assez étonnante, une autre élevée en fût que nous n’avons malheureusement pas dégustée…

Les vins du domaine ne sont pas facile à trouver en France, mon conseil est donc d’aller les déguster à la Pizzetta.

Je remercie tous les acteurs de cette très belle après-midi, particulièrement Willy Auger pour son accueil impeccable et  sa gentillesse et Marc Parusso pour nous avoir consacré un peu de son précieux temps de vigneron…

On a redéshabillé la marquise

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Une nouvelle fois, cette chère marquise… accompagnée de sa petite soeur délicatement vêtue de sopressa, saucisson vénitien aillé…

 

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La famille apprécie la jarretelle, nous aussi !

 

Et puis… une entrée, trittico di saor…

Filet de sole, langoustine et sardine « in saor » de vinaigre blanc, légumes et oignons marinés, quelques cédrats confis, délicieux…

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Et le vin dans tout ça, un blanc… eh bien non un rouge, vénitien lui aussi, enfin au nord de Trévise, pas loin…

Azienda agricola cecchetto gorgio, raboso piave, qui est aussi le nom du cépage du coin, 2006, une bonne nervosité, un bouquet nous rappelant le sud, la garrigue, quelques notes balsamiques, bref tout ce petit monde s’accordait à merveille.

 

Un plat, risotto castraure,

Risotto Vialone nano ( le seul riz possédant le label européen IGP, produit en Italie) « delle antiche riserie Abbadesse » à une cinquantaine de km à l’ouest de Venise…

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Accompagné des rares artichauts « castraure » et de homard… pour les gros mangeurs, je n’ai pas pu le finir !

 

 

 

 

 

Un dessert et un très bon petit liquoreux du même producteur que la bouteille précédente, un liquoreux rouge issu de raisins passerillés…

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Massimo Mori avec sa verve et son enthousiasme nous reçoit toujours aussi bien, on passe une soirée excellente en dégustant des produits exceptionnels, merci à lui et à toute son équipe!

Un chinon râblé

Aujourd’hui, enfin hier, il pleuvait un peu, la Loire se jetait dans la Seine et les vignerons avaient l’air un peu crevés… Pour eux, tu m’étonnes ça doit être infernal d’endurer des week-end entiers à servir et présenter leurs vins à des gens qui passent leur temps à dire des conneries en se prenant pour des connaisseurs…
Le vin, ça se boit !
Evidemment on peu parler un peu, dire que ça hume bon la myrtille, la menthe ou les cheveux de sa dernière conquête mais bon, on ne va pas non plus discourir pendant des heures sur une bouteille, si c’est bon, on s’en rend compte très vite !
Tout ceci pour en venir à cette photo…IMG_1354
Les roches, Jérome Lenoir, et des chinons de compétitions! non pas qu’ils soient culturistes, que de gros biceps les déguisent ou encore qu’ils plaisent à des adeptes de la chirurgie esthétique… non, ils sont tout simplement bons! Celui-ci est athlétique, élancé, taillé pour la garde mais se déguste déjà très facilement, c’est un plaisir pour les amateurs de cabernets francs, on a l’impression de se balader en forêt, on a l’impression de se balader au bord de la Loire… Tiens, citons Gracq: » Ce qui lui plaisait aussi dans ce pays, c’était la pierre, cette craie tuffeau blanche et poreuse, tantôt desséchée et craquante au soleil, tantôt attendrie, exfoliée, desquamante dans l’humidité des miroirs d’eau troués de roselières, marbrée de gris fumés très délicats, d’imprégnations grumeleuses de buvard, mordue dans ses anfractuosités de très fines moisissures indurées du roquefort. C’était comme un matériau féminin, pulpeux, au derme profond et sensible, tout duveté des subtiles impression de l’air. Quand il revenait de Chinon, s’attardant au long de la Vienne du côté bâti, mis en belle humeur par ses petits déjeuners capiteux de vin et de rillettes… »
En hommage à Gracq je boirais un jour ce rouge sur l’Evre.

Un nez de cheminée

L’Octomore.

Un whisky monstrueusement tourbé, un islay, dans la bouche un palais…

Produit par bruichladdich, une des neuf distilleries de l’île d’islay, l’octomore est un whisky tout simplement vieilli dans des fûts ayant élevé monsieur Yquem, bref un produit de luxe. Il est « cask strengh » c’est à dire non dilué à la mise en bouteille, « force de fût » 61%, un bon estomac est indispensable, mais passé ce côté délicatement barbare c’est impressionnant et ça rend bavard…

Voilà sa tronche, si vous ne savez pas quoi faire de votre argent et que vous avez besoin d’un compagnon…IMG_0855