Petit poème matinal

Je prends des morceaux de vils pains, rassis et gris dans le toasteur, j’attends qu’ils se mettent à rôtir pour les tremper du bout des doigts.

Quand ils s’imbibent du gras liquide, qu’ils enflent, gonflent et deviennent mous, que le jus monte jusqu’à la croûte, alors je les porte à ma bouche.

Donc les voilà pris! et dans un torrent de salive, ils s’enfoncent dans ma gorge, poussés par un flot crémeux et chaud.

On dirait qu’ils roulent, qu’ils se courent après dans mon oesophage, leur nouveau terrain de jeux qu’ils peinent à quitter.

Je reprends donc une lampée de cette bergamote laiteuse qui, telle une vague scélérate, aura raison de ces mies, les envoyant au niveau inférieur…

Plus de rire! plus de jeux! Broyés, bouillis, écrabouillés, ils ont l’air malin à présent!

Transformé par mon corps, machine superbement huilée, homogénéisés, compactés, frappés d’uniformisation, je les contemplerai plus tard, idiots,

dans leur trou…

Le mondial de l’agriculture

On en fait tout un foin dans les médias, alors pour goûter à cette ruralité parisienne, j’ai pris mes bottes et mon petit frère et nous sommes partis comme deux petits fous découvrir cet oasis de fraicheur et de tradition.

Le guichetier me fait payer moitié prix grâce à la carte d’étudiant de Junior, en bon Normand que je suis, c’est déjà un succès !

Malheureusement, la fin du rêve se trouve derrière la porte du premier pavillon.

IMG_0683

On se croirait dans une espèce de supermarché de la bouffe, des stands à perte de vue où des prix affichés comme des promotions vantent les mérites de la meilleure saucisse du salon.

Plus loin, quelques poulets dans des cages, surplombants des cages qui abritent des lapins roupillant, attirent notre attention, ça pue mais il a une tronche marrante !

Après ce galinasith tout droit sortit de star wars, notre espoir renaît, « allons voir les taureaux » me dit mon frère tout en conversant avec un coq géant.

Bon… c’est comme le salon de l’auto mais à la place des voitures, il y a des vaches !

Une profession insolite et pourtant indispensable se révèle à nous, le ramasseur de bouses… un seau, du courage et quelques cibles bien choisies et il en a pour la journée !

Pour finir, la découverte des produits du terroir ressemble à wall street, des vendeurs sûrements payés au rendement agitent en l’air des machines à carte pour essayer d’écouler les stocks de pinards amenés pour l’occasion…

Triste image, il ne manque plus que les troupeaux de politiques amassés devant les stands régionaux s’empiffrant de charcuteries et de boissons alcoolisées servies dans des verres en plastique qui finiront leur promenade à caresser des gens et à serrer la patte à des moutons…

Conclusion, les charolais m’ont encore une fois impressionné, sans commentaire.IMG_0693

Il faut bien un début…

IMG_0268Alors pourquoi cette photo ?

Et bien peut être parce que j’ai une attirance toute particulière pour les bouteilles poilues…

Ou alors pour la Bourgogne…

Ou les deux…

On était à Rully, chez Vincent Dureuil-Janthial, et je dois dire que rarement j’ai goûté des vins aussi bons…

La bouteille poilue est une PMG ( Pour Ma Gueule en language vigneron) de NSG ( Nuits Saint Georges) qu’il nous avait ramené pour finir tranquillement la dégustation, je reviendrai !