Aunis soit qui mal y pense

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À monsieur Tristan Corbières,
Hommage en forme de bouteille.

Qu’ils se payent des républiques,
Hommes libres ! – carcan au cou –
Qu’ils peuplent leurs nids domestiques !…
– Moi, je suis le maigre coucou.

Triste temps, corps en bière,
Cercueil pour gens vivants,
Les fables deviennent os,
Voire, poussières…

Quel linceul pour une pensée ?
Peut-être celui d’une robe rosée…
Alors le poivre, baie orientale,
Pour se saigner, barrière de corail.

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Bois donc, félon.
Confesse-toi à chaque gorgée…
Et que ton cœur aille errer ailleurs,
Loin des sourires railleurs.

Vague sommeil, tropicalisme,
Vibre au soleil des musiques tristes.
Baise, braise de baisers,
Glaise lèvre, brasiers.

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Bois, frêle onde,
Et que résonne tes mémoires,
Qu’on se rappelle de tous ces soirs,
Où tu volais, âme vagabonde.

Rose passe vendômoise,
Le nez dans l’Aunis…
Croque Chidaine.

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Brân cosy

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Brân cosy, corbeau voyageur.
Un oiseau de passage en Normandie,
Noir comme les cheveux de notre président mais sans les frais de coiffeur.
À boire autour d’un bourguignon coiffé d’un pied de cochon,
La langue teintée d’exotisme et des souvenirs plein la bouche.

Crôa, crôa.
Élancé comme l’oiseau de Brancusi,
Le gosier en entonnoir, corbeau,
Fais ton nid dans mon ventre !

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Hommage à toi, heureux père de cet oiseau égaré.
Pourquoi n’ai-je, moi, pas encore parlé de toi ?
Affable que tu es dans les salons, mais souvent débordé
Par le flux et reflux des marrants
Venus te courtiser.

Alors nous nous croiserons, cher Gilles Azzoni !
À zoner dans le monde du vin,
Je finirai bien par te parler.

En attendant je boirai, le corps beau, ciré,
Devant la rade de Cherbourg,
En regardant les châteaux voler,
Et les corbeaux noircir le ciel,
Ton Brân comme une corne de brume, un appeau à vins sauvages.

Ah ! le mal du pays me ronge…

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Pinaryork

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Il a garé son carrosse, s’est frotté les pieds sur le macadam et s’en est allé faire des courses…
Un alien à Gaillac, les poches remplies de violettes et la gueule couleur brique.

vis ma vigne.

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Il a mangé local, un truc dont la forme lui a fait penser à une pizza malgré les étranges bouts roses et carrés qui garnissaient le haut de la pâte et qui, après ingestion, le laissaient encore dubitatif jusqu’à ce qu’il s’écria, sous les yeux ébahis de ses camarades : « J’ai trouvé ! C’est du jambon ! »…

Il a pris la direction de l’ouest, sur la route de Montauban, pour se perdre sous le cagnard indigène.

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Il a faillit sortir un mec de sa voiture parce qu’il roulait en première à 12 km/h dans le rond-point en lui faisant voir de trop près un camion transportant de pauvres veaux (il s’avéra par la suite qu’il était un client du domaine ce qui calma ses pulsions meurtrières) puis, il s’est arrêté devant chez Michel.

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Ah ! chausse tes bottes, on va dans les vignes caresser les insectes.

Ils sont partis pour longtemps, inspectant de manière dermatologique le terroir, histoire de voir si tout allait bien.
La végétation, c’est un peu le système pileux de la terre, ça s’entretient.

Mettez-vous des produits chimiques dans vos cheveux ?

Michel non plus et son domaine a le poil soyeux…

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Mais laissons le capillaire de côté, c’est une notion bien trop étrangère…

Dans les vignes donc, tels des petits poux, ils ont erré.
Admirant ça et là le biotope fourmillant, les vers de terre comme des périscopes dans cet océan vert.

Ici coule la vigne.

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Prunelard, Braucol, Duras, L’En De l’El, Ondenc et bien sûr, Mauzac…

Des statues, des Hommes pétrifiés levant les bras au ciel, peut-être en signe de victoire ?

Une armé de cep, bien rangée, qui chaque année, balance le jus…

Les insectes, piqueurs ou non, s’affairent tranquillement dans ce théâtre de verdure et jamais ils ne subiront quoique ce soit comme attaque à l’arme chimique.
Comme ce fut répété maintes fois par ce cher Michel, ici, toutes les bestioles sont les bienvenues, elles s’équilibrent, les grosses mangent les petites, et tout ce microcosme participe au bon équilibre du domaine.
Il leur a même créé des espaces, des zones tampons écologiques qui, en périphérie des vignes, permettent, entre autre, de faire diversion, de réguler.
De temps en temps, un gros lézard vert vient te croquer la patte, marque d’affection, il suffit de mettre un peu de vin sur la blessure et tu repars en trottinant.
La diversité créé la richesse.
Tout ce petit monde vit en harmonie et les maladies sont rares.
La vigne est drue, forte et vivace.

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« Vous avez le droit de ne pas aimer ce vin »

Vous avez tous les droits… Le droit de manger chez McDo, le droit de perdre votre temps à lire des livres d’hommes politiques en mal d’amour, le droit de regarder D8, d’acheter un 4×4 ou encore, le droit de boire du Roche Mazet !

Vous avez aussi le droit de goûter ces vins, de vous rendre compte que vous ne pouvez que les aimer.

Ah ! Longue gamme de rouge ceinte d’un peu de blanc…

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Le professeur Pinard, dont le gros pif s’écrase sauvagement dans les verres, s’arrête un moment pour méditer, les narines rougies par le Prunelard : « Un torrent de cailloux roule sur la langue et remonte du fond du gosier, une violence qui bouillonne aux parfums de violettes ! J’ai l’impression de boire une lumière de corail ! »

Lyrisme effrayant aux accents de plagia…

Mais il est sûr que cet hiver, on l’accompagnera de champignons.

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Il est des vins qui portent bien leur nom.

Un Jaune de Gaillac ! Un vin élevé sous voile pendant dix ans que vous pourrez, par exemple, emmener à la plage sans risquer de vous le faire enlever par les bleus du coin.

Un jus rare et précieux qui, cet hiver encore une fois, accompagnera une poularde bien farcie.

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Il y aurait tant de choses à raconter sur cet Astérix du vin mais je dois aller bosser et ça fait tellement longtemps que je n’ai pas écrit que je suis heureux de réserver cette place de rentrée scolaire au domaine de la Ramaye dont je reparlerai encore et encore comme dirait Francis.

Michel, je vous remercie de tout ce temps que vous nous avez accordé et je vous souhaite une belle et longue vigne !

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Michel Issaly,
Domaine de la ramaye,
817 Route de la Ramaye,
Lieu-dit Sainte Cécile d’Avès,
81600 Gaillac

Les doigts dans le Pif

Bourré
Prendre la direction de Bourré, une fois dedans, en sortir, vite.
Et puis, à Monthou, serrer la main des troglodytes, s’enfoncer dans un trou.
Attendre, en écoutant les jus ronfler, que le tuffeau nous champignonne.

Au hasard des vignes, un camion a serpenté jusqu’ici.
Croisant buses et biches, sans embûches et sans filets, se fiant à son pif.

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Un bon vigneron, ça se mérite.
Alors, on a pris le temps.

J’irai boire chez vous.

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Bienvenue au domaine.

La Piffaudière chez Olivier Bellanger, éleveur de pifs de compétition.
À peine nous pénétrâmes dans la roche que le pinard nous fut offert sous perfusion.
Dialyse à l’Aunis, au Gamay, au Sauvignon.
Nuits blanches en perspective…

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Chaque fût fut inspecté avec soin, la pipette chauffait, le verre se teintait.
À l’instar des fromages, on parla affinage, de vins de pâturages ou d’étable.
À chaque saison, son breuvage.
L’été appelle la vivacité, la fraîcheur, la fluidité, quoi de mieux que ce petit jus nerveux pour jouer de la guitare en pensant à tous ces Michel que l’année 2016 nous a enlevé.
Si « Mon tout rouge » était un met, ce serait une petite côtelette d’agneau.

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Il faut dire que je les aime comme ça, les rouges.
Quand ils sont fins, élancés et que de légères notes poivrées leur donnent du rythme.
Lorsqu’un petit grain vient à rouler sur ma langue pour me rappeler la peau qui jadis les protégeait.
Tous ces mois passés dehors, portés par la vigne, à braver les intempéries.
Et puis, une fois pressés, humer avec plaisir un jus épanoui.
La terre donne chaque année l’occasion de se taire.
La magie du terroir.

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Entends-tu retentir les refrains des dimanches ?

De tonneau en tonneau, de verre en verre, on avançait à tâtons.
Déguster avec le vigneron, c’est boire ses paroles ; et celles d’Olivier sont sages.
Un travail délicat où la nature est au centre de tout.

Des vins précis, sans artifice mais jamais déviants, vous ne trouverez pas d’odeur de souris, ni de poneys ou encore moins de basse-cour dans la palette aromatique de ces pinards.

Et c’est une bonne chose, assurément.

À force de bain de bouche, nos canines n’eurent plus rien à envier à Nosferatu.

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Le professeur Pinard mit son costume d’écolier et son acolyte anonyme, le roi de la pêche à la mouche, celui de photographe.

Se roulant dans la moisissure qui jalonnait le sol, il contre-plongeait pour rendre au plus juste les images que nos yeux découvraient, en pétillant, naturellement.

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La bulle amène la joie et le vin, la faim.

Notre hôte, nous voyant la bouche sèche et l’œil torve, nous invita à rompre le pain dans ses quartiers…
Fusse une bonne idée ?

Sa réserve de fromage savoyard qu’il avait ramené avec gourmandise se trouva torpillée par les deux éviers que nous sommes.

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Mais sans tout ceci, aurions-nous pu trouver la force de reprendre la route, pour filer dans un sud où les montagnes se déchaînent ?

Merci à toi cher Olivier, merci de nous avoir si bien reçu, merci pour tous ces vins divins et comme dirait celle qui a la main molle, merci pour ce moment !

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Histoire Caucase

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Wine is bright.

C’est comme un soleil, dans le bleu du ciel…

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Un beau matin de juillet, sans réveil, en Normandie.
Un beau matin à décanter le vin de midi.
Du géorgien pour le homard.
La perspective d’une fête, familiale.
Le pif à jeun, l’odeur brute des amphores, les rais du soleil invitaient enfin l’été dans la demeure.

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Le blanc et le rouge.

Entends-tu retentir les refrains dans la Manche ?

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Le nez à l’Est.

Blanc aux tons ocres, à la bouche suave et saline.
Rouge, cassis, terreux, aux tanins qui fondent comme du beurre sur une poêle.

Crustacé à l’anis et aux citrons verts.

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Un feu d’artifice à table.
Une sieste.
Un léger coup de soleil sur les bras.

Une douce digestion, bercé par le bruit des tondeuses à gazon, les réminiscences des parfums caucasiens.

Et puis…

Nice.

 

Os à moi

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De mon râtelier osanore, je suce dans la moelle.
L’autre, édenté, peut toutefois satisfaire entre les trous béants laissés par ses molaires, son appétit.

Un osso buco à la paille.

Dans le bouillon où chaque bulle explose en libérant parfums d’épices, d’agrumes et de tomates, mon jarret se fait tendre.
Que j’aime à voir cher indolent de ton corps si veau se moirer les os.
Ah ! Un cuisinier me voyant cuisiner s’arracherait sûrement les cheveux tant je cède à l’empirisme devant un piano.

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Surtout, ne faîtes point cette mine de dégoût devant l’aspect « ragoût » de mon œuvre.
L’important, c’est le goût… Ça me rappelle un slogan pourri entendu ça et là sur les ondes…

Donnant la part belle au mijoté, je dois dire que même si les bouts se délitent, la viande fond dans la bouche.
Si j’étais chien, je croquerais les os.

Mais pourquoi cet aparté transalpin de cheval ?

Pour évidemment introduire un dur à cuire qui surfe sur la sauce, enrobe la chair et dilate les narines avec dextérité.

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Si tu veux me faire plaisir, donne-moi du Piémont.

Mon dernier vestige du temps où sévissait Rita, prêtresse sarde vous confessant dans sa boutique de l’avenue Parmentier… Quel gâchis de ne plus pouvoir passer de bons moments à déguster dans ce religieux lieu où le vin d’Italie dégoulinait jusque sur les trottoirs de la rue Oberkampf !

Oui, tout ceci est très 11ème…

Où vais-je maintenant déguster sur le pouce, Barolo, Barbaresco, Brunello et Vino Nobile de Montepulciano ?

Évidemment, il reste de beaux endroits dans la capitale mais disons que je voulais rendre hommage à Rita qui, toutes ces années durant, répandit la belle parole de son fief « parmentiersien ».
Les samedis tu passais et paf, on te collait un grand verre dans la main qui se remplissait comme par magie de Corvina, de Sagrantino, de Malvasia, de Negro-Amaro, de Sangiovese ou encore, de Nebbiolo.

Tu demandais quelques précisions que l’on t’offrait sur un plateau, tu repartais en titubant, guilleret, manquant de te faire renverser par scooter.
Ton sac faisait gling-gling et, dans le bus, on te prenait pour un pochtron, le bon temps quoi.

C’était bien, mais c’est fini…

Les temps changent.

Merci chère Rita.

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Liqueur grenadine

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Juillet se profile et une question se pose :

Que téter cet été ?

Semblant de réponse à la sanguine…

Un beau gris qui a du chien
13 degrés en plein cagnard comme un angliche sur la côte
Je macère dans mes espadrilles
Massage de bile 
Un songe enivré

J’ai liqueur grenadine
Soleil sur beurot, peau mandarine
La bouteille donne la même couleur aux gens
Et la nuit, tous les pinots sont gris

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Notice :

À servir froid mais pas glacé,
Oubliez les glaçons, c’est pour apaiser les bleus
Un sorbet lui siéra
Une ratatouille aussi

Du poisson, quelques crevettes
Sur une terrasse, flânant, rose
Encore vierge de carotène
Alors que les petites cigales fourmillent déjà…

En attendant,

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L’été où est-il ?

Domaine Rietsch,
32, rue Principale
67140 Mittelbergheim
Tél. 03 88 08 00 64 

Causeries, Belle-Poule

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Monsieur Sébastien Gandubert,

J’ai souhaité, en mon âme et conscience, vous adresser cette lettre que vous lirez peut-être.

Sentir la chair de poule.

Comment vous remercier alors n’ayant à peine échangé trois mots que vous nous offrîtes cette rouge Belle-Poule.
Le bidon tourmenté du volatile, vous nous aviez prévenu, eut besoin d’un léger dégazage mais après…
Chaque gorgée nous emmenait faire un tour de barque sur les bonnes eaux du Layon.
Tels des ragondins, nos corps se frottaient à cette poule, mouillés par l’émotion.
Une pierre dans une mare toute coquette sous ses lentilles d’eau, voilà la sensation que put éprouver le citoyen que je suis ; et citer Gracq en ce pays qu’est le vôtre n’est pas anodin.

Le moût me monte encore au nez.

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Dans la Loire, un poulailler.

Alors, oui, je viendrai chez vous, vous qui m’invitâtes et nous trinquerons à ce Thouarcé gagnant.
On s’amusera de vins et nous naviguerons sur les eaux étroites.
On se délectera de vos blancs aux reflets dorés où le sucre, pourtant bien présent, n’est jamais un imposant et tempétueux convive.
On se posera cette chatouilleuse question, littéraires que nous sommes, Grange meurt-il à la fin ?
Et puis, on mangera de la poule au pot, en bouillon, farcie, faisane et même, car il faut bien s’hydrater, de la poule d’eau.
Peut-être nos poules seront présentes, amenant un peu de grain à la conversation ; car une basse-cour composée que de mâles peut facilement virer au combat de coq !
On essayera aussi de ne pas se faire contrôler par les poulets lorsque nous nous amuserons à faire des dérapages avec votre tracteur, le bleu se doit de rester dans le verre.
Pour finir, en forme de pied de nez et non de poule, nul besoin d’appellation contrôlée quand juste à coup de narines on devine l’origine du jus reniflé.

Loué soit le raisin.

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On va déguster

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Alors que j’exécutais avec le professeur Pinard un petit footing matinal, lui me racontant comment la menthe poivrée pouvait apaiser l’esprit les lendemains difficiles, nous aperçûmes au loin un type à la tronche étoilée.
Il trimballait une glacière tout en se dirigeant vers la maison de la radio.
Nous le suivîmes, discrètement.
Promenant nos nez dans les méandres de la déserte bâtisse, on pista le mec.
D’ascenseurs en escaliers, nous nous retrouvâmes à l’intérieur même d’un aquarium.
Les boissons rouges y tournaient déjà en rond.
Pommettes rosées et babines gonflées, une chaise pour nos fesses, on s’assit, sages, dans un coin.
Un bouquet de micros fleurissait la table.
Le ballet de mots commença.
Notre bonhomme était là, au milieu d’autre, sa glacière déballée.
Ça parlait 17ème siècle, festins, ripailles, Vatel, Versailles, vin, vie et même « vit végétal ».
Enfin, disons plutôt asperge…

Pour une fois ma bouche resta close, excepté pour recevoir, ravi ; vin, vie et même vit, végétal… euh, asperge.

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Croquantes, craquantes même, toutes droites et tout droit sorties du jardin françois, nous les moussâmes d’une sorte de sabayon…

De quoi asperger ces vigoureuses plantes dont la ressemblance avec des pinceaux nous donna envie de les tremper directement dans le verre ?

Peut-être que de temps en temps, avoir recours à un accord mets-vins peu commun, peut faire mouche… Les poils imbibés, voici ce qui se déroula réellement ce dimanche vingt-deux mai, en lettre de sang de cailloux.

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Un certain chroniqueur manchot avait ramené de sa Normandie une gueule de bois si monumentale que la sécurité prit d’abord sa tête pour un tonneau.
Il fallut pousser de toutes nos forces le personnage pour réussir à le faire rouler dans l’ascenseur.
Quelques algues accrochées derrière son falsard attestaient d’une nuit tourmentée.
Son sac tintait, des traces de côt dans le cou, les bouteilles avaient vraisemblablement été ouvertes la veille…
Le mot « pétanque » jaillissant de sa bouche devait selon ses dires nous éclairer.

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Après une partie d’escrime avec le professeur Pinard, les végétaux comme des fleurets, il s’attabla gaiement, des tire-bouchons à la place des doigts.
Confondant d’ailleurs ceux-ci avec les asperges, il suçait tantôt l’un, tantôt l’autre, le Cahors comme médiateur.
Il faut dire que le jus sudiste, d’un naturel absolu, « eau de raisin », s’arrangea une place de choix, délivrant une amertume et une acidité qui finalement se marièrent avec surprise avec « l’ivoire à manger ».
Pas con.

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Et puis, tout s’accéléra, de sablés en abricots, de pimprenelles en citrons, d’informations en chansons, l’émission arrivait à son terme.
Le grand gourou, légèrement hirsute en ce jour de pleine lune, animait avec passion tout ce petit monde tel un chef d’orchestre, une oreille bloquée dans le casque, l’autre attentive aux burps du professeur qui sifflait tout le stock de malbec s’étant échoué à ses pieds…

Avant de sortir, nous mâchâmes (deux accents circonflexes ce n’est pas rien aujourd’hui) du maxillaire gauche dans une grotte qui avait du chien.

Une cuvée bien particulière dont le gêne de la vendange 2014 trempa dans un jus un peu oublié de 2004… Le tout fut élevé pendant dix-huit mois en fût, chacun s’apprivoisant pour finir dans les gosiers de citadins en mal de campagnes ou d’instants sauvages.

Vieux procédé pour donner au vieux un peu de jeune, sorte d’élixir de jouvence.
Le professeur et moi-même remercions toute l’équipe d’on va déguster qui nous laissa pénétrer dans ce sanctuaire qu’est un plateau de radio, nous ne vous écouterons plus jamais comme avant, poil au dent.

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