Requiem pour un canon

Miam, slurp… Glups, hic, rôo… merde…
En prenant des photos d’art j’ai trouvé le moyen de balafrer mon verre au point de ne plus pourvoir l’embrasser comme j’aimais le faire si souvent… nous n’échangerons plus rien.
Verre ! combien de fois nous nous sommes entretenus, fidèle au poste, toujours bien rangé, à ta place, m’hydratant ça et là, tu étais le compagnon idéal, dans la joie comme dans les peines…
A présent tu me quittes mais le dernier nectar que tu as couvé est à la hauteur de tout ce que tu m’as donné, un Arbois avec un grand A, un grand « Ah » quand on le boit, de l’art bu.

IMG_2514 Un trousseau ciré à l’accent poivré, un jus épicé, un jus rare… Si ce vin était quelqu’un ce serait forcement quelqu’un de bien, un ami.
Aparté en forme d’épitaphe gravée dans le verre comme une cicatrice en travers, te garderai-je dans un placard, ô toi cercueil de mes précieux nectars ? comme des vampires assoiffés aux longues dents, ils venaient un à un se mêler à mon sang, et tous deux nous étions frères, à présent, va mon verre…
Retour à la bouteille, que j’ai au passage acheté à la Quincave, le vigneron responsable de cette « végétale  ambroisie » se nomme Philippe Bornard et comme disait Louis Pasteur, natif d’Arbois, « le vin est le breuvage le plus sain et le plus hygiénique qui soit », particulièrement ceux de ce domaine.

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