Rognons la faim

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En attendant des jours meilleurs.

La neige a disparu, les rênes se mangent à présent en côtelettes sur les banquettes des enseignes franchisées, le père Noël est alcoolique et son ventre ne lui permet plus de descendre dans les conduits de cheminée…
Les oranges rougissent toute l’année sur les étals et les pauvres vitamines qu’il leur reste errent dans les zestes traités à l’Imazalil.
Ça sent le sapin dans les chaumières et, au pied de ces pauvres êtres mourant dont les épines tombent telles de grosses larmes de tristesse, des cadeaux rutilants se bousculent en cascade.
Leurs emballages ne brûleront pas en feu joie mais termineront sûrement dans la mer, pour nourrir les saumons que nous mangerons au prochain hiver, gavés d’antibiotiques, alors peut-être la grippe nous épargnera à ce moment là.

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Les bûches sont en foie-gras et ne nous réchaufferont plus, seul l’écran plasma se vante à présent d’amener un peu de luminosité dans nos appartements, mais se brûler au néon est l’apanage des mouches à merde, je préfère donc rester dans l’obscurité.

Les pics de pollution ne se comptent plus, faire un footing devient plus dangereux que de fumer trois paquet de Gitanes Maïs par jour. Heureusement, il ne nous pleut pas encore des bombes sur la gueule, mais ça ne saurait tarder, vu la tendance mondiale à offrir le pouvoir au plus con qui se présente.
De toute façon, il n’y a pas vraiment de raison d’être positif quand on voit qu’entre deux publicités pour des appareils auditifs et des tampons, on place avec culpabilité quelques annonces sur la situation à Alep, voilà comment on se donne bonne conscience…

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Et au milieu de tout ça, on rame…
On essaye de trouver des endroits de confort, des moments de plaisir, des instants de bonheur.
On se dit que l’Homme n’est peut-être pas si fou et que demain, il y aura des jours meilleurs.
En attendant, chaque Noël frappe à nos portes tel un compte à rebours, une année de plus vers la tombe, sans que les choses ne changent vraiment.
On continue à voir, à boire et à manger les mêmes horreurs, les mêmes absurdités, les mêmes joies que notre cher système veut bien nous balancer du haut de sa table, miettes éparpillées que l’on reçoit la bouche ouverte, repas frugal histoire de laisser au maigre électorat un peu de force pour aller voter pour le prochain arriviste qui se fera tirer les ficelles, pantin à l’allure de petit employé de bureau, sans charisme…

Sur ce, bonne année, bonne santé et vive le vent.

Ps : Les rognons furent croqués avec voracité, les Pierres Bleues, digne d’un roman de Queneau, une arche de Noé pour sauvegarder les saveurs d’un monde en perte de goût face au déluge qui s’abat sur tout ce qui pourrait avoir d’original, on nivelle, on nivelle, demain, on bouffera des gélules…

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