Saint-lô

Saint-lô, préfecture, chef-lieu de la Manche, terre de bocages, de bétail, fière petite bourgade cotentinoise qui domine la Vire, rivière où régulièrement, flottent ça et là quelques andouilles… oui, et alors ? Y a t’il du pinard à Saint-Lô ? Quelques vignes poussent-elles les pieds pleins de boue dans le bocage ? La réponse est simple, le réchauffement climatique est encore un peu faiblard et la limite de maturité du raisin est largement dépassée dans ces contrées normandes… donc non.

a0853975762_2St.Lô, groupe de musique captivant aux accents synthétiques, une ambiance de polar futuriste nous enveloppe dès les premières notes qui se dessinent au milieu de la fumée dans une salle comble où, et c’est pour ça que l’interdiction de la cigarette fait beaucoup de mal dans ce genre d’endroit, la confrontation avec une centaine d’odeurs d’aisselles différentes m’a poussé ce jour-là à me saouler avec des pintes de mauvaise bière servies dans des verres en plastiques pour oublier les fragrances de serpillères et de chiens mouillés mélangées aux déodorants douceâtres et écoeurant dont la télé nous vante les qualités avec des mecs à poil se faisant caresser par des filles euh… numériquement modifiées, pouah …
Une femme à l’apparence androgyne, gesticule, vocifère, danse, chante, comme une sorte de « Nina Simone rock’n’roll » encerclée de deux claviers martyrisés par deux bretons, jouant avec au moins deux doigts. Sauf que là, l’image est belle, pas comme dans les pubs de sent-bon… Elle possède la scène avec rage et talent, c’est bien, c’est beau, ça accroche.
Sont-ce pour autant des gars d’la vigne? Est-ce qu’entre deux tournées, ou trois, ils fabriquent du vin ? Piétinnent t’ils avec passion les grappes fraîchement ramenées par les délicats vendangeurs ?  Non.

Saint Lô, François Saint Lô, un jeune vigneron ligérien, pas loin d’angers, que la cave l’Epure, rue Mazarine dans le 5ème, m’a fait découvrir hier soir.
J’avais dégusté d’autres nectars avant d’où la photo un peu trouble…

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Un Saint-gro-lô, 100% grolleau, un gros magnum.
La côte d’alerte n’est pas dépassée, le baromètre indique 9%, pour ceux de la vieille école qui sont attachés au titre.
Un vin superbe, nerveux, à emmener dans son sac à dos lors de randonnée pour se désaltérer.
Un vin avec un peu plus de différences qu’un autre comme dirait les Deschiens…
Étant donné que je suis normand, je me taperais bien ce gros lot sur les bords de la Vire, une andouille sur la planche, prête à être décapitée, un verre dans la main, regardant à travers le liquide un peu trouble, comme un jus pressé du matin, le rare soleil qui de temps à autre pointe son pif sur la rosée qui, dans ces contrées, dure jusqu’au soir voire même jusqu’au lendemain.
J’ai trouvé mon Saint-Lô, je prierai pour lui, je boirai son vin dans la chambre 415 d’un certain hôtel à Saint-lô, et j’écouterais… St.Lô, canonisez moi tout ça.

 

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