Sens ton clos… You better watch out !

Voilà la gueule du pépère Noël manchot.
La hotte dans la tête et dedans du vin, vindiou !
Un petit marquis du cinq nivôse à qui je ne couperai pas la tête car je préfère lui boire sa cervelle même si il a l’air un peu chouan.
Le tricorne a d’ailleurs une fonction de bec verseur que certains bicornes n’ont pas, même avec du chambertin dedans, le petit, à présent invalide, s’en retournerai dans son tombeau.

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Le petit marquis de la poterie de Barfleur.

Mais, à notre époque, on peut sans rougir se vanter d’aimer autant Hugo que Barbey, sans risquer de sentir quelques subtiles petites bises glacées et métalliques venir nous chatouiller la nuque.
Tant mieux, ce n’est pas le sujet.
Que boit-on à Noël ?
C’est évidemment la période où chaque repas se voit associé d’un cru plus ou moins grand pour sublimer les trépidantes créations des cordons bleus de la famille, aux méthodes empiriques mais néanmoins pertinentes.
Sauf si on n’aime pas Noël, car on trouve que c’est encore un prétexte pour sur-consommer, qu’en plus on est vraiment con car une grosse semaine après, c’est les soldes, ou qu’on en a marre de faire quatre bisous à la grand-tante qui pique et sent le vieux.
Je respecte tout ceci, bien évidemment.

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L’autre jour, une charmante adolescente de dix-huit ans me demande : « Avec du pâté de canard, d’oie ou autres palmipèdes gavés, que mon père affectionne sur du pain d’épices et sur ses doigts, quel breuvage me conseillez-vous cher professeur pinard ? »
Non sans considérer la requête avec soin et, sa beauté n’ayant d’égale que sa curiosité vinardière, je souris péteusement à la môme en me raclant le gorgeon.
Mon enfant, dis-je alors, faites donc fi des excès de saccharose, je n’aimerai point voir votre jeune corps martyrisé à cause des conseils d’un sôt-mellier de super-marché.
Gras sur gras, lourd sur lourd, je n’aime pas avoir l’impression de manger un match de boxe.
Pas de sélection de grains nobles cette fois, gare !
Un vieux clos plus tout jeune de chez monsieur Joly fera l’affaire, un jus doré aux accents cireux, une bouche fraiche et nerveuse, une finale aux longues jambes, un pinard sur mesure prêt à porter à vos douces lèvres, comme si la Loire se jetait dans la Dordogne.
Un vin tendre et sec à l’instar du froid qui n’arrive pas par chez nous ; nous rappelant mon cher monsieur qu’il n’y a plus de saison.
Joyeux Noël, et vive le vent.

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